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29 septembre 2007

La Biodiversité : définition

9b2b974d4566111d65f718240195e176.jpgAvant d'entamer les résolutions du Groupe 2 « préserver la biodiversité et les ressources naturelles » , il me semblait important de revenir sur la définition de la notion de Biodiversité.

J'ai choisi pour se faire de citer l'UICN, lors de son Assemblée Générale au Costa Rica, en 1988 : 

La diversité biologique, ou biodiversité, est la variété et la variabilité de tous les organismes vivants. Ceci inclut la variabilité génétique à l’intérieur des espèces et de leurs populations, la variabilité des espèces et de leurs formes de vie, la diversité des complexes d’espèces associées et de leurs interactions, et celle des processus écologiques qu’ils influencent ou dont ils sont les acteurs (dite diversité écosystémique) . (Extrait de la XVIIIè Assemblée Générale de l’UICN, The World Conservation Union, Costa Rica, 1988.

Cette définition est importante, car elle se place sur trois niveaux :

  • La population et sa variabilité au sein d'une espèce. Premier niveau fondamental, largement couvert par la micro-évolution et biologie/génétique des populations. Ce point est particulièrement délicat, car au nom du maintien de populations, de nombreux programmes de sauvegarde de la faune et de la flore ont été débattus. A première vue, même le cas de l'ours des Pyrénées pourrait être justifié par ce premier point. Sauf que dans le cas de la population pyrénéenne, le lâcher d'ours slovènes ne permet pas de sauvegarder l'intégrité du patrimoine génétique de cette population locale mais vise uniquement à maintenir la présence de l'espèce en France. Il s'agit, à mon sens, d'un angle d'attaque particulièrement fort du programme LIFE pour l'Ours brun en France.
  • La variabilité des espèces et des formes de vies, second niveau, est également le mieux connu du grand public. Il s'agit des catalogues de faune et de flore, des grandes encyclopédies qui nous font rêver sur l'étonnante richesse de la nature. C'est également le domaine de la macro-évolution et des grandes théories autour de la notion d'espèce.
  • Regrouper des espèces au sein d'un écosystème, troisième niveau, constitue une approche écologique fondamentale. Il s'agit là de la notion de richesse spécifique, ou diversité écosystémique. Il est important de bien comprendre qu'à ce niveau, le nombre d'espèces différentes au m² ne sera pas un critère absolu de qualité. Les interactions entre les espèces et leur milieu priment. Un écosystème pourra être viable avec une diversité floristique faible, si le milieu est en équilibre et pérennisé. Introduisez une seule espèce invasive, et l'équilibre peut être rompu. Supprimez-en une, et les conséquences peuvent être tout aussi bien désastreuses. Mais les écosystèmes ne sont pas pour autant figés. Ils évoluent eux aussi, tendent vers des archétypes ou "climax" : ainsi la lande rêve-t-elle de devenir forêt, sans jamais atteindre pour autant son but. Cette notion est importante, car la transition peut être source de forte biodiversité. Une lande ouverte mais buissonnante, couverte de bruyères et d'ajoncs, ponctuée de touches d'Agrostis et de chèvrefeuille est un véritable jardin d'Eden pour les Insectes et les Oiseaux. La laisser devenir un fourré de fougères, de ronces, d'ajoncs et de genêts signifie une réduction de sa biodiversité. Là, l'action de l'homme sur le paysage peut avoir un impact bénéfique. Autrefois, la lande était coupée pour obtenir du fourrage, ou partiellement cultivée par rotation des terres. Aujourd'hui, les gestionnaires entretiennent par débroussaillage les surfaces évoluant trop vite en denses fourrés pour conserver un état dynamique.
Le Groupe 2 n'a pas, sauf mauvaise lecture de ma part, apporté de définition de référence pour discuter de la Biodiversité. Je ne souhaite pas utiliser comme principal fer de lance de ma critique ce qui pourrait être une négligeance de ma part. D'autant plus que les résolutions du Groupe 2 restent sensiblement dans la même veine que ce qui se fait déjà en matière de gestion et protection de la Biodiversité. Aussi, j'en resterai là pour ce second groupe du Grenelle et enchaînerai sur le Groupe 3, consacré aux questions d'environnement et de santé publique.

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