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01 octobre 2007
Décroissance ?
En 1970, le Club de Rome publiait un rapport baptisé "Halte à la croissance !". Véritable source d'inspiration pour de nombreux utopistes et écologistes de l'époque, le document influença même certains militants de gauche. Une doctrine séduisante, finallement rejetée par Mitterrand et ses lieutenants. Lors de la refondation du PS, ce dernier lançait devant adhérents parisiens : " Nous refusons la doctrine de la non-croissance, quels que soient les problèmes qui se posent aujourd'hui sur les ressources naturelles, parce que nous savons que l'absence de croissance pénalisera d'abord les plus pauvres, les plus démunis, c'est-à-dire ceux que nous voulons défendre. "
En 2007, la décroissance est de nouveau une tendance à la mode, avec en fer de lance l'économiste Serge Latouche. Ses partisans demandent un arrêt brutal de la croissance, s'accompagnant d'une refondation de nos sociétés vers des modèles non consommateurs. Au-delà du combat idéologique, qu'est-ce que la décroissance et qu'implique-t-elle concrètement ?
L'été dernier, M6 proposait un reportage sur deux familles décroissantes. Neutre, le document me semble nécessaire afin de mieux comprendre ce que la décroissance implique dans le quotidien de ses défenseurs. De nombreux gestes éco-citoyens sont mis en pratique par les décroissants. Certains peuvent être particulièrement intéressants, comme la récupération des eaux de pluie pour le jardinage ou l'installation de systèmes de récupération / production d'énergies renouvelables. Des idées à creuser. D'ailleurs, pouvoir réduire mes factures d'eau et énergétiques en utilisant des solutions économes m'intéresse. D'autres gestes plus engagés, comme le refus de consommer, se heurtent rapidement à des choix individuels. La décroissance perd alors tout son crédit en voulant confisquer ce droit à la consommation, et ouvrir la marche vers une dangereuse dictature de la régression économique.
07:55 Publié dans Détente | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : décroissance, politique, écologistes










Commentaires
Intéressante vidéo.
J'avais entendu parler de la décroissance comme idéal, que je suis loin de partager, mais pas des décroissants (ou alors au petit-déjeuner, je sais c'est nul et facile ;-P).
La famille à la campagne parvient assez loin dans sa démarche, mais il faut avoir du temps et le goût du bricolage et du jardinage.
Ce que je trouve scandaleux c'est la profusion des emballages, dont beaucoup sont inutiles.
Pour la petite histoire ma prochaine note portera sur un livre que je viens de lire proche de ce sujet.
Ecrit par : Proton | 01 octobre 2007
pas encore regardé cette video-là, mais j'ai déjà vu qq reportage sur le sujet. peut-on "jouer" aux décroissants (à une autre heure qu'au petit déjeuner ;-)) en ville? La récupération de l'eau de pluie, le potager, les modifications de l'habitat: quand on habite en ville, en immeuble, ça me parait plutôt difficile... enfin, ce système, en + de son non radical à toute consommation (mais sans doute en réaction à tout ce qu'on nous pousse à acheter), pousse à un retour sur soi, à une vie en autarcie, à la limite en communautés. est-ce envisageable dans un monde ouvert? Il y a pourtant, comme dans toute démarche, des idées à retenir. et moins d'emballage, ce serait bien pratique...
Ecrit par : philippe | 01 octobre 2007
Ok j'avoue tout je mange des croissants à chaque petit déjeuner :D
@ Proton : ha oui le "packaging" c'est vraiment abbérant, le marketing à outrance dans toute sa splendeur ! Et c'est rentré en plus dans la tête des gens, avec le "paquet fraicheur" pour tes 2 petits biscuits par boite de 12 (sinon ils sont plus bons - on aura tout entendu). Il me reste à éplucher le Groupe 6 du Grenelle, l'idée d'une croissance verte y pointe, ça pourrait être bien d'éco-produire :)
@ philippe : justement la seconde partie de la vidéo présente une famille de décroissants en ville, on y voit les limites et que la décroissance totale colle plus avec l'idée de vie communautaire en milieu rural, pour être parfaitement en accord avec ces principes.
Ecrit par : Fulmar | 01 octobre 2007
Je vais en parler aussi de ces emballages. Décidément, l'écologie est vraiment le sujet à la mode !
Ecrit par : Stephane | 01 octobre 2007
Je pense que tu caricatures la décroissance en disant qu'ils souhaitent arrêter brusquement la croissance, et "confisquer un droit à la consommation". Seuls quelques extrémistes parmi eux le souhaitent. La décroissance, c'est plutôt encourager largement ce qui est montré dans le reportage (très bon) que tu mets sur ton site. Or, ce type de comportement est plutôt découragé.
Ecrit par : cécile | 02 octobre 2007
>>D'autres gestes plus engagés, comme le refus de consommer, se heurtent rapidement à des choix individuels.
Les cas présentés ici sont des personnes qui vivent la simplicité volontaire. Il ne faut pas confondre la simplicité volontaire et les différentes théories économiques et politique que l'on met derrière le mot décroissance. Nous ne savons pas encore comment l'homme vivrait dans une société différente et cela n'aurait probablement pas grand chose à voir avec ce que montre cette vidéo. Mais effectivement tout le monde confond ces deux notions ce qui explique que la décroissance soit quelque chose d'assez mal compris, y compris parmi ceux qui se revendique de la décroissance.
La simplicité volontaire comme son nom l'indique est une démarche personnelle, progressive et non contraignante, qui n'a de sens que dans une société telle que la notre. Société que cherche à changer la "décroissance". Si beaucoup de gens qui vivent la simplicité volontaire sont a priori favorable à la "décroissance" (et encore, je pratique la simplicité volontaire mais je ne partage pas quantité de choses avec "la décroissance", surtout en France, où je ne vis pas, le journal de la décroissance qui est cité dans le reportage, par exemple, reflète bien ce que je n'aime pas dans la "décroissance" française), ce n'est pas synonyme.
La décroissance ne demande pas nécessairement l'arrêt de la consommation (disons plutôt que la consommation telle que nous la connaissons perdrait probablement progressivement son sens, mais la consommations se poursuivra d'elle-même tant qu'elle sera nécessaire).
Elle veut juste l'arrêt de la surproduction et de ce qu'elle implique (manipulation publicitaire, packaging ;), surconsommation, surproduction de déchets, pollution etc.), la décroissance de tous les secteurs économiques basés sur les énergies non renouvelables et/ou productrices de déchets non recyclables/dégradables. Elle cherche à trouver d'autres formes de production, repenser notre rapport à l'argent et au travail tel que nous le concevons, se recentrer sur les véritables besoins humains et rechercher un mode de vie "durable" (dans la limite de notre surpopulation bien sûr). Elle remet juste en cause les notions économiques dogmatique de croissance et de "développement" qui sont celles qui nous ont mené là où on en est. Elle veut faire comprendre que la croissance est un "moyen" et non un but et qu'elle a montré ses limites.
>qu'est-ce que la décroissance et qu'implique-t-elle concrètement ?
elle n'implique pas la simplicité volontaire, ni l'arrêt de la consommation.
Et oui il est possible de vivre la simplicité volontaire en ville, vous seriez surpris ;) Ce que le reportage montre c'est qu'il est parfaitement possible de vivre très bien, avec peu d'argent, tout en sortant de la société de surconsommation. ET c'est justement parce qu'on en sort que c'est possible. Sortir de la surconsommation ne se fait pas en 1 jour, c'est tout un changement de mentalité qui se fait progressivement. Mais comme vous le voyez aussi ces gens consomment toujours...
Ecrit par : Raffa | 02 octobre 2007
Cécile, tu m'as mal compris. Ma note dissocie le discours d'extrémistes décroissants d'une part et les actions éco-citoyennes d'autre part. Certaines sont justement visibles dans ce reportage. D'ailleurs, comme je l'écris moi-même, ces éco-gestes m'intéressent fortement. Je précise d'ailleurs que la confiscation du droit de consommation fait partie de gestes plus engagés et justement ... extrêmistes.
Ecrit par : Fulmar | 02 octobre 2007
@ Raffa : ce dont vous parlez correspond à de l'éco-croissance et du développement durable
Ecrit par : Fulmar | 02 octobre 2007
Je ne crois pas non. L'éco-croissance et le développement durable ne sont que les mêmes modèles économiques qui ne fonctionnent pas mais qui ont intégré, comme ils le peuvent, la notion d'écologie. Ils ne nécessitent pas de changement de société, ni de questionnements face à la croissance, le PIB, la surproduction, le développement. Ce n'est donc pas de cela dont je parle.
Personne ne confisque la consommation à personne (par contre il est vrai que la décroissance veut faire "la guerre" à la surproduction donc à la surconsommation mais consommation et surconsommation sont 2 choses différentes). J'insiste vraiment, la simplicité volontaire, qui est présenté dans ces reportages (en plus des gestes éco-citoyens qui sont logique pour quelqu'un qui vise la simplicité volontaire) est une initiative personnelle qui n'est pas exigée par la "décroissance" et qui n'a de raison d'être que dans une société de l'ultraconsommation et du jetable.
Ceux que vous appelez les "extrémistes décroissants", sont juste des gens qui ne veulent pas y participer et choisissent volontairement de réduire leur consommation (c'est ce qu'on appelle donc la simplicité volontaire) et qui ne cherchent aucunement à l'imposer. Par ailleurs comme je l'ai dit, s'ils refusent de surconsommer, ils ne cessent pas pour autant de consommer (en en évaluant le besoin réel, en choisissant bien ce qu'ils consomment, et à qui ils l'achètent). Cela n'a rien à voir avec un mouvement politique ou même citoyen qui chercherai à imposer une dictature quelconque. Par contre leur nombre est en augmentation, surtout si l'on y intègre les "créatifs culturels" (qui sont souvent les mêmes), et cela effectivement peut avoir à terme de l'influence politique ou économique.
Mais il y a vraiment confusion.
C'est vraiment cette phrase de votre article qui me pose problème "D'autres gestes plus engagés, comme le refus de consommer, se heurtent rapidement à des choix individuels. La décroissance perd alors tout son crédit en voulant confisquer ce droit à la consommation, et ouvrir la marche vers une dangereuse dictature de la régression économique."
Car vous parlez de 2 choses différentes, pour dénigrer les 2 (ceci dit je vous l'accorde, la confusion est entretenue dans le reportage et dans la plupart des médias français, y compris le journal de la décroissance).
- le refus de surconsommer est bel et bien un choix individuel (qui apparaît forcément extrémiste dans une société comme la notre) et personne n'a jamais dit le contraire, cela s'appelle de la simplicité volontaire
- la "décroissance" ne veut pas confisquer le droit de "consommer"
- la "décroissance" ne cherche pas la régression économique (elle devrait d'ailleurs s'appeler a-croissance)
- la "décroissance" est un mot provocateur pour amorcer une réflexion critique sur les notions de croissance économique infinie, de PIB, de développement économique, de développement durable (qui à l'heure actuelle ne sont plus vus comme des moyens, mais comme des buts). C'est une remise en cause qui vise un changement de société tout en gardant le meilleur de l'actuel.
- la "décroissance" n'est ni de gauche ni de droite
Ecrit par : Raffa | 03 octobre 2007
Raffa, que vous sépariez décroissance et droit à la consommation dans votre commentaire est tout à fait louable. Vous êtes dans une démarche personnelle. De même, je pourrais me dire décroissant urbain à ce moment-là : je ne chauffe pas à plus de 15°c l'hiver, je me déplace de préférence vélo / transports collectifs, etc ... Mais pourtant je ne me qualifierais pas de décroissant pour autant. Je le répète à nouveau, il ne faut plus associer gestes éco-citoyens et décroissance.
Malheureusement ce n'est pas toujours le cas, cette vidéo entretien la contradiction. Il ne faut pas perdre de vue que la décroissance est aussi un mouvement idéologique héritier du Club de Rome. Je lis bien votre argumentaire sur la décroissance, et votre rejet du concept politique et économique, le côté "frappant" et "provocateur" de ce terme.
Ce sont là même les arguments-phares de Serge Latouche et de Paul Ariès, auteurs que je conteste fortement. La décroissance ou "a-croissance" est une thèse politico-économique, puisqu'elle entend lutter contre un modèle économique et politique mis en place. Mais elle n'intègre que peu ou pas le facteur social et humain, ne se focalisant que sur l'environnement (quoi qu'en disent ses partisans, je vous l'accorde). C'est pour moi une dangereuse erreur. A l'image du PS du début 80, je rejette cette décroissance car j'estime qu'elle mettrait bel et bien en danger les plus pauvres et les plus faibles, et notamment les pays du Sud, et de part cette faiblesse mettrait l'environnement actuel encore plus en danger (exemple des parcs naturels africains pillés par des populations affamées).
La suite du débat est sur la note d'aujourd'hui, consacrée (en grande partie) à l'éco-croissance et le développement durable du Groupe 6.
Ecrit par : Fulmar | 03 octobre 2007
Oups mes citations ne sont pas passées : je reprends mon message pour la clareté merci de supprimer le précédent.
"Je le répète à nouveau, il ne faut plus associer gestes éco-citoyens et décroissance."
Dans ce cas nous sommes exactement sur la même longueur d'onde. "je pourrais me dire décroissant urbain à ce moment-là : je ne chauffe pas à plus de 15°c l'hiver, je me déplace de préférence vélo / transports collectifs"--> c'est une démarche qui est une amorce de la simplicité volontaire, pas de la décroissance. Nous sommes donc bien d'accord ;)
"La décroissance ou "a-croissance" est une thèse politico-économique, puisqu'elle entend lutter contre un modèle économique et politique mis en place. Mais elle n'intègre que peu ou pas le facteur social et humain, ne se focalisant que sur l'environnement (quoi qu'en disent ses partisans, je vous l'accorde). C'est pour moi une dangereuse erreur. A l'image du PS du début 80, je rejette cette décroissance car j'estime qu'elle mettrait bel et bien en danger les plus pauvres et les plus faibles, et notamment les pays du Sud, et de part cette faiblesse mettrait l'environnement actuel encore plus en danger (exemple des parcs naturels africains pillés par des populations affamées)."
C'est entre autre pour cela que je ne suis pas d'accord avec tout dans la décroissance (comme je le disais dans mon premier message). Ce qui n'est pas une raison pour moi de ne pas accorder à la décroissance le mérite de mettre le doigt là où, pour moi toujours, réside le plus gros problème de notre époque : la confusion des moyens et des buts.
Je vais aller lire votre nouvel article :)
Ecrit par : Raffa | 03 octobre 2007
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