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30 septembre 2007

Le Grenelle de l'agriculture et de l'environnement

4d4920bb17cf02928f1fa10206eeeee7.jpgLes propositions adoptées par le Groupe 4 se sont fortement focalisées sur la production agro-alimentaire. Les autres "modes de production et de consommation durables" sont donc passé à la trappe. Peut-être qu'un autre inter-groupe "Agriculture" aurait été le bienvenu. 

Autre couac du Groupe 4 : les agrocarburants. Malgré leur récente mise en accusation, les experts du groupe n'ont pu se mettre d'accord sur la question, comme en témoigne cette déclaration :

" Enfin, en ce qui concerne les agro/bio-carburants, le groupe constate un large désaccord quant à l’appréciation du bilan écologique, positif sous conditions pour certains et négatif dans tous les cas pour d’autre. Le groupe préconise ainsi de réaliser sous 18 mois de façon contradictoire, sous l’égide de l’ADEME, un écobilan complet de la filière, prenant en compte l’ensemble des facteurs et incidences non seulement sur le territoire national, mais aussi à l’échelle mondiale."

Quel dommage, demander un Moratoire (terme à la mode) sur les agrocarburants aurait été une décision courageuse !  Nous sommes passés à côté d'une réelle concertation sur le sujet.

Sur le plan de la qualité de l'eau, on y retrouve les mesures concernant l'objectif -50% pesticides en 10 ans (déjà discuté dans la note précédente). L'accent est mis également sur les molécules alternatives. J'avais oublié d'aborder ce point lors de mon énumération de solutions agronomiques afin de limiter les apports en pesticides. Il s'agit de développer des molécules comme les SDN (stimulateurs de défenses naturelles). Méthodes basées sur une très bonne connaissance de la phytopathologie et de la biochimie des végétaux, elles proposent une troisième voie alternative aux traitements pesticides ou au recours OGM. Le principe ? Stimuler, à l'aide d'une molécule naturelle active, les défenses de la plante, et ainsi "l'immuniser" contre d'éventuels pathogènes. Un des exemples les plus médiatisés : la laminarine (produit Iodus40) issue d'algues brunes et protégeant le blé comme la vigne.

Les apports en nitrates et phosphates, à l'origine d'eutrophisation des cours d'eau, ont été discutés, sans réelle mesure s'en dégageant. Il faut dire que le problème des nitrates, comme en Bretagne, est loin d'être résolu. Les nappes sont polluées pour de longues années encore, l'inertie des pouvoirs publics a condamné des points de captage, et l'Etat se retrouve contraint à payer de lourdes amendes à l'Europe. Sur ce débat, le Grenelle ne risque pas, en si peu de temps, de démêler les querelles. A moins d'un miracle !

J'arrive désormais à mi-chemin de mes commentaires autour du Grenelle de l'Environnement. D'autres propositions, s'adressant directement au monde agricole, ont été abordées par ce Groupe 4. Je souhaiterais, à cette étape de ma lecture des propositions du Grenelle, avoir l'avis d'agriculteurs internautes, aussi bien sur le Grenelle que sur mes notes. Je souhaite collecter témoignages et informations sur le sujet, afin de mieux centrer mes commentaires futurs. En espérant que mon appel sera entendu !

Environnement et Santé

Le troisième groupe de travail du Grenelle de l'Environnement présente une série de mesures et de propositions centrées sur quatre thèmes majeurs : l'eau, les substances chimiques, les ondes émises et les nanotechnologies.

Je trouve le Groupe 3 particulièrement expéditif sur la question de l'eau (et des sols). Peut-être pour ne pas trop interférer avec d'autres groupes ? Toujours est-il que les propositions dans ce domaine sont floues. Qu'entendent-ils par recharge expérimentale des nappes phréatiques par exemple ?

Très vite, les mesures s'orientent autour des substances chimiques, et notamment des pesticides. Le scandale antillais est passé par là, et la chlordécone aura tout spécialement le droit à son plan d'action (notez au passage l'effet médiatique esquissé, pour rassurer la population sur cette récente affaire). Le programme REACH sur les produits chimiques sera devancé, en espérant qu'il ne soit pas court-circuité par trop de hâte. Et surtout, la chasse aux pesticides sera déclarée, avec un objectif de -50% de produits phytosanitaires à moyen terme. Il est en effet important de réduire notre consommation en pesticides. La France est classée au 3ème rang mondial (76100 tonnes de matières actives commercialisées en 2004), les dangers pour l'environnement et les risques liés à la santé des agriculteurs comme des particuliers sont désormais démontrées. Mais la France est avant tout malade de l'excès de pesticides. Le sur-emploi rend dangereux ces produits, qui nécessitent une utilisation raisonnée. Les particuliers utilisent à eux seuls 10% de la consommation totale de pesticides. C'est bien trop pour un secteur qui peut largement s'en passer, dans la mesure où le jardinage est un loisir et non soumis à des règles de rendement. De plus, les solutions "vertes" utilisables par les particuliers abondent, montrant avec succès comment les particuliers peuvent renoncer aux produits phytosanitaires, et faire l'économie de 7610 tonnes de molécules actives. Reste à appliquer des méthodes raisonnées d'agriculture, en concertation avec un milieu agricole qui, contrairement à d'affreux a-priori, est ouvert à de réelles initiatives dans ce domaine. Que ce soit l'analyse pédologique et microbiologique en viticulture (secteur très gourmand en pesticides), le développement des "engrais verts" (cultures de légumineuses fixatrices d'azote en assolement triennal) et même des solutions OGM adaptées, des solutions existent. Reste la question de la politique agricole, parallèle aux réflexions d'agronomie scientifique. Cependant, l'objectif 50% me semble trop difficile. Il me semble plus certain d'atteindre les 30% de baisse, par exemple, afin d'obtenir plus facilement un résultat visible, et poursuivre ensuite une réduction de l'usage de phytosanitaires. Je suis également favorable à une vente réservée uniquement aux exploitants agricoles, en coopératives. Les alternatives devraient y être également proposées, avec le soutien scientifique et agronomique de personnes compétentes auprès des agriculteurs en faisant la demande.

 

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Je conclurai très rapidement sur les deux derniers points (sans réelles mesures adoptées) : les ondes émises (téléphones portables surtout) et les nanotechnologies. Le premier mériterait des éclaircissements dans ma note, notamment au niveau des doses supportables par l'homme. N'ayant pas tous les documents sous la main, il me faudra y revenir plus tard. Le second point, concernant les nanotechnologies, nécessite une note bien spécifique. J'y reviendrai donc en temps utile, après l'analyse des propositions du Grenelle.

29 septembre 2007

La Biodiversité : définition

9b2b974d4566111d65f718240195e176.jpgAvant d'entamer les résolutions du Groupe 2 « préserver la biodiversité et les ressources naturelles » , il me semblait important de revenir sur la définition de la notion de Biodiversité.

J'ai choisi pour se faire de citer l'UICN, lors de son Assemblée Générale au Costa Rica, en 1988 : 

La diversité biologique, ou biodiversité, est la variété et la variabilité de tous les organismes vivants. Ceci inclut la variabilité génétique à l’intérieur des espèces et de leurs populations, la variabilité des espèces et de leurs formes de vie, la diversité des complexes d’espèces associées et de leurs interactions, et celle des processus écologiques qu’ils influencent ou dont ils sont les acteurs (dite diversité écosystémique) . (Extrait de la XVIIIè Assemblée Générale de l’UICN, The World Conservation Union, Costa Rica, 1988.

Cette définition est importante, car elle se place sur trois niveaux :

  • La population et sa variabilité au sein d'une espèce. Premier niveau fondamental, largement couvert par la micro-évolution et biologie/génétique des populations. Ce point est particulièrement délicat, car au nom du maintien de populations, de nombreux programmes de sauvegarde de la faune et de la flore ont été débattus. A première vue, même le cas de l'ours des Pyrénées pourrait être justifié par ce premier point. Sauf que dans le cas de la population pyrénéenne, le lâcher d'ours slovènes ne permet pas de sauvegarder l'intégrité du patrimoine génétique de cette population locale mais vise uniquement à maintenir la présence de l'espèce en France. Il s'agit, à mon sens, d'un angle d'attaque particulièrement fort du programme LIFE pour l'Ours brun en France.
  • La variabilité des espèces et des formes de vies, second niveau, est également le mieux connu du grand public. Il s'agit des catalogues de faune et de flore, des grandes encyclopédies qui nous font rêver sur l'étonnante richesse de la nature. C'est également le domaine de la macro-évolution et des grandes théories autour de la notion d'espèce.
  • Regrouper des espèces au sein d'un écosystème, troisième niveau, constitue une approche écologique fondamentale. Il s'agit là de la notion de richesse spécifique, ou diversité écosystémique. Il est important de bien comprendre qu'à ce niveau, le nombre d'espèces différentes au m² ne sera pas un critère absolu de qualité. Les interactions entre les espèces et leur milieu priment. Un écosystème pourra être viable avec une diversité floristique faible, si le milieu est en équilibre et pérennisé. Introduisez une seule espèce invasive, et l'équilibre peut être rompu. Supprimez-en une, et les conséquences peuvent être tout aussi bien désastreuses. Mais les écosystèmes ne sont pas pour autant figés. Ils évoluent eux aussi, tendent vers des archétypes ou "climax" : ainsi la lande rêve-t-elle de devenir forêt, sans jamais atteindre pour autant son but. Cette notion est importante, car la transition peut être source de forte biodiversité. Une lande ouverte mais buissonnante, couverte de bruyères et d'ajoncs, ponctuée de touches d'Agrostis et de chèvrefeuille est un véritable jardin d'Eden pour les Insectes et les Oiseaux. La laisser devenir un fourré de fougères, de ronces, d'ajoncs et de genêts signifie une réduction de sa biodiversité. Là, l'action de l'homme sur le paysage peut avoir un impact bénéfique. Autrefois, la lande était coupée pour obtenir du fourrage, ou partiellement cultivée par rotation des terres. Aujourd'hui, les gestionnaires entretiennent par débroussaillage les surfaces évoluant trop vite en denses fourrés pour conserver un état dynamique.
Le Groupe 2 n'a pas, sauf mauvaise lecture de ma part, apporté de définition de référence pour discuter de la Biodiversité. Je ne souhaite pas utiliser comme principal fer de lance de ma critique ce qui pourrait être une négligeance de ma part. D'autant plus que les résolutions du Groupe 2 restent sensiblement dans la même veine que ce qui se fait déjà en matière de gestion et protection de la Biodiversité. Aussi, j'en resterai là pour ce second groupe du Grenelle et enchaînerai sur le Groupe 3, consacré aux questions d'environnement et de santé publique.

28 septembre 2007

Transports et Urbanisme : ça chauffe !

En plein débat autour du changement climatique, le groupe 1 entend engager la France dans un processus de réorganisation de la demande énergétique, visant une réduction de nos consommations en énergies non renouvelables et productrices de gaz à effet de serre. A l'horizon 2020, le Conseil européen souhaite la réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre ou 30 % en cas d’engagements d’autres pays industrialisés, la baisse de 20 % de la consommation d’énergie, et une proportion de 20 % des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie.

Quelles mesures pour y parvenir ?

5bc8743227cc3f7d5a2dd2f2b4359aaf.jpg Premier volet des propositions du Groupe 1 : la sobriété en énergie et en ressources. Construite du neuf selon des normes écologiques et rénover les bâtiments existants, voici le résumé de ce grand chantier. Saupoudrez le tout d'aides à la rénovation et de développement de l'emploi pour répondre à la nouvelle demande, et vous obtenez un moteur socio-économique fort intéressant. Même le Code civil et le Code de l'Urbanisme seront modifiés pour faciliter le mouvement. Un programme ambitieux qui peut atteindre ses objectifs. Je note avec satisfaction une réflexion autour des appareils gourmands en énergie, comme les modes de mise en veille. Et je me félicite de la fin annoncée des lampes à incandescence.

Les transports représentent le second axe de discussion du Groupe 1. Première priorité, après l'urbanisation, la question des transports urbains. Je suis partagé par ces propositions. Les péages urbains seraient légalisés. Pourquoi pas, il y a là une idée intéressante pour le dés-engorgement des centre-villes, à condition de créer des exceptions (ayant-droit professionnels et riverains). Cependant, cette mesure ne me semble intéressante que si les transports collectifs sont en contre-partie fortement favorisés.  Le Groupe 1 propose le développement des transports collectifs en doublant les kilomètres bus/tramways existants. Que cela signifie-t-il concrètement ? Il y aura-t-il plus de lignes ou une fréquence plus forte sur les lignes existantes ? Là encore, l'idée est louable, mais j'ai le sentiment que le Groupe 1 ne va pas au fond des choses. Il me semble que favoriser également l'accès aux transports publics (baisse des tarifs, gratuité pour les étudiants et personnes à faible revenu) serait un argument fort supplémentaire pour réellement basculer en faveur des transports collectifs. Hélas, bon nombre de ces transports sont des sociétés privées, donc intéressées au bénéfice. Peut-on aller au fond de ces mesures écologiques et sociales avec un partenaire économique privé ? Existe-t-il une contradiction, voire une limite à la réorganisation du transport public dans ces conditions ?

3c8056c7d59bdad77667610e955724a0.jpgLe Groupe 1 fait une chasse aux transports polluants assez gênante, car s'attaquant trop à mon goût à de fausses cibles, à savoir les consommateurs. En proposant de taxer lourdement les vols aériens nationaux (et ceux desservis par de réseau ferroviaire en général, exemple du trajet Paris-Londres), elle fait des voyageurs aériens des coupables désignés. Avis mitigé sur la question. Le réseau ferroviaire sera-t-il en retour plus à même de répondre aux demandes de ces usagers ? Là où il est plus intéressant de prendre sa voiture que le train, y aura-t-il vraiment une réponse efficace de la SNCF ? Ce sentiment d'harcèlement se poursuit avec la mesure suivante. La vitesse devra baisser de 10 km/h sur les routes et autoroutes. Proposition pour le moins ironique lorsque l'on constate aisément la conduite de nos concitoyens, bien souvent comprise dans une marge de ... 10km/h ou plus au-dessus de la limite, et ce en dépit des radars ! La mesure est donc un leurre, puisque les automobilistes continueront à rouler à la vitesse désirée, une fois le radar passé. Sans compter le caractère impopulaire et mal compris de cette proposition, qui au final est une erreur de communications vis-à-vis du public.

Un dernier mot, enfin, sur les propositions concernant le fret non-routier. Intéressante proposition, mais encore discutée par les membres du Groupe 1. Si l'emploi est réorienté en même temps que le taux de fret non-routier passe de 14% à 25%, comme annoncé, pourquoi pas. Reste que le fret maritime et fluvial pollue également. Si cette mesure vise à convertir une pollution routière en une autre, où sera l'intérêt ? Sur ce point, le Groupe 1 n'apporte pas de réponses. Dommage.

27 septembre 2007

Grenelle de l'environnement

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 Les propositions des groupes de travail du Grenelle de l'Environnement sont annoncées aujourd'hui-même, en vue de la seconde phase de travail (consultations publique). Une excellente occasion de publier sur ce blog une série de notes en réponse à ces propositions !
 
 Dans les jours prochains, le contenu de ce blog sera donc consacré aux thèmes suivants :
 
- Intergroupe "OGM"
 
- Intergroupe "Dechets"

Einstein et les abeilles

Qui n'a jamais entendu la fameuse phrase attribuée à Einstein ?

"Si l'abeille venait à disparaître, l'espèce humaine n'aurait que quatre années à vivre."

Face à cette phrase prophétique emplie d'autant de sagesse, on ne peut que s'incliner et craindre l'actuelle régression des abeilles (syndrome d'effondrement des colonies).

Mais Einstein a-t-il vraiment prononcé ou écrit cette phrase ? Il y a de quoi être sceptique. La phrase en elle-même, tout d'abord, ne contient jamais d'ouvrage cité en référence. Pas même un recueil de correspondance. De plus, elle apparaît selon trois versions différentes :

  • L'humanité n'aurait plus que 4 ans à vivre (scénario catastrophe)
  • Le surcis est rallongé d'un an et passe à 5 années (merci pour le répit, et rendez-vous dans un an)
  • L'humanité n'aurait plus que quelques années à vivre (les prophéties n'étant pas des sciences exactes, il faut mieux inclure une marge d'erreur, n'est-ce pas ?)
Premier problème, si Einstein était un excellent physicien, il n'en était pas pour autant biologiste ou écologue. Nous sommes donc en présence d'un argument d'autorité, uniquement fondé sur le prestige d'Einstein. Si ce dernier a réellement lancé cette phrase, il faut certainement y voir une critique sur les conséquences de la disparition d'un maillon dans un écosystème, mais surtout pas prendre cette citation au pied de la lettre. Tout d'abord, parce que notre abeille domestique n'est pas la seule espèce pollinisatrice (même si la grande majorité des insectes pollinisateurs sont des Hyménoptères, de la famille des abeilles, ces dernières possèdent un large nombre d'espèces et sont épaulées par les bourdons). Ensuite, parce que bon nombre de cultures ont une pollinisation anémophile (par le vent), notamment les céréales.

Second problème, les archives d'Albert Einstein, que ce soit ses publications, livres, sa correspondance ou encore ses déclarations publiques sont répertoriés et stockés (en Israël notamment). Les biographes peuvent donc à loisir étudier la vie de ce grand physicien à travers ces précieux documents. Or, il s'avère qu'à ce jour, aucun biographe n'est parvenu à retrouver cette phrase dans les archives du savant.

Qui a donc écrit cette citation ? Une piste intéressante va nous mener à Bruxelles, en 1994. L'Union Nationale des Apiculteurs Français manifestent face aux difficultés économiques auxquelles l'UE les soumet (faibles prix du miel à l'importation, notamment). Leurs menaces sont fermes et sans appel : s'ils sont obligés de mettre la clé sous la porte, les ruches d'abeilles à miel ne tiendront pas longtemps, face aux parasites (comme le Varroa) décimant les ruches sauvages. Le tract continue alors en affirmant que sans les abeilles, la pollinisation et l'agriculture seraient menacés ... Et donc l'Homme. Le tract citait, pour la première fois, la fameuse phrase d'Einstein pour appuyer ces menaces.

La presse belge, et bientôt les médias mondiaux, allaient se ruer sur cette phrase-choc, créant un véritable effet "boule de neige". Mais un mystère demeure : l'UNAF a-t-elle véritablement créé cette citation pour des besoins politiques, ou bien circulait-elle déjà avant 1994 ? Une question qui reste en suspens, alors que cette citation, que nous pouvons certainement qualifier de hoax, continue de circuler.

 

26 septembre 2007

Groland : Ecolo Bobo ?

Entre chaque note, une petite touche d'humour et de loisirs ne fait pas de mal ;) 

Prologue : la manif' anti-écolos de Greenpeace

" Samedi 29 Septembre, à Rennes, dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, l'Alliance pour la Planète organise une fausse manifestation "anti-écolo" ayant pour but de ridiculiser les opposants au noble et vertueux combat mené par les associations militantes comme Greenpeace (qui est rapporteur et contact rennais de l'événement, contrairement à ce que mon titre accrocheur laisse penser), ATTAC ou encore Sortir du Nucléaire. Chacun y viendra, déguisé en homme d'affaires, scandant des sloggans en faveur du capitalisme et de la mondialisation. Attention, pour bien montrer comment les anti-écolos sont ridicules, il ne faudra surtout pas montrer de sigles et logos écolos ! "

En découvrant ce mail, transféré par un contact "infiltré" dans le réseau écolo rennais, ma première réaction fut de rire aux éclats. Ayant été étudiant sur Rennes en Faculté de Sciences, j'ai eu occasion de côtoyer le milieu écolo étudiant, y découvrant le pire comme le meilleur de la fibre écologique bretonne. J'ai donc eu occasion d'admirer une vitrine particulièrement savoureuse des idées les plus saugrenues de ce milieu, mais je n'avais jusqu'à présent jamais lu quelque chose d'aussi surprenant.

Ma seconde réaction fut une grande consternation. Face à cette manifestation, que répondre ? La dérision de l'opposant idéologique traditionnel des mouvements alter-écolos devient sujet de pseudo-manifestation. Une fois de plus, l'ennemi est représenté en homme d'affaires fumant le cigare, image d'Épinal usée jusqu'à la moelle.

Cette caricature est inexacte. A l'homme d'affaires sans complexes, dans cette vision manichéenne du bien contre le mal, les écolos semblent totalement ignorer le reste de la population. il faut donc au moins rajouter à ce tableau l'image du citoyen critique, du simple consomm'acteur capable de raison et de discernement. Cette personne lambda, bien souvent oubliée des écolos, j'entends lui donner parole sur ce blog, fraîchement créé.

Et qui sait ? Peut-être aurons-nous le droit un jour à une fausse manifestation "anti-écolos" avec des militans déguisés en habits ordinaires, pantalon on jean, chemise ou pull sous une veste, affichant des sloggans critiques sur le mouvement écolo-bobo retenant en otage le débat écologique en France ? Qui sait ?

 

 

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