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30 novembre 2007

Ecolo Gogo, un blog de scientifique, mais pas seulement ça ...

26f88064fcc4ccd973c1572501e23ec0.jpgSi vous lisez ce message, c'est que je suis parti en colloque et qu'il m'est impossible de mettre à jour mon blog actuellement ! Vive les messages programmés en avance :)

J'en profite pour répondre indirectement à certains lecteurs, qui s'interrogeaient sur mon profil scientifique et environnementaliste. En effet, j'ai un diplôme de Maîtrise de Biotechnologies, que j'ai complété par un Master 2 en Physiologie Végétale. Je ne suis cependant pas totalement désarmé en environnement, puisque j'ai suivi avant cela une première maîtrise en Biologie et Écologie, et travaillé (bénévolement ou comme salarié) dans divers organismes environnementaux et associations naturalistes.

Au cours de mes discussions sur mon blog, il est apparu que certains lecteurs me reprochaient une approche trop politisée des sciences de l'environnement. C'est certain. Mais peut-on parler d'environnement sans aborder le droit, la politique ou l'économie ? Cela serait tout à fait concevable mais particulièrement ennuyeux. Je suis pour ma part investi dans un volet appliqué de l'écologie. Il est certes dommage que je n'évoque pas plus l'aspect fondamental de cette discipline, mais cela est moins l'intérêt de ce blog. Je suis pour ma part bien plus intéressé par la vision que se font notre société et nos politiques de l'écologie scientifique, et surtout des dissonances entre écologisme et écologie.

Comme je l'expliquais en créant Ecolo Gogo, mon blog est né d'une critique de l'écologisme militant le plus radical. Dangereux car en vérité teinté d'idéologie et mettant peu en avant la réflexion. Dans un prochain billet, je souhaite revenir sur ce point particulier: à l'image des romantiques du XIXème siècle, les écologistes idéalisent la Nature atteignant un certain degré de sacralisation. Certains n'hésitent pas à parler "d'écologie spirituelle". Cette sorte de dérive s'oppose radicalement à une écologie scientifique, bâtie sur la raison, de même que Science et Religion sont d'éternelles notions en opposition. C'est là, il me semble, également une vision philosophique à développer, afin de mieux cerner les tendances écologistes et les déformations résultant de ce mouvement culturel.

Une teinte supplémentaire donc pour mon blog, qui ne se limite donc pas qu'à la réflexion scientifique, et n'aborde que peu les débats autour de l'état de la recherche ou de l'enseignement supérieur en France. Des billets que je pourrais aborder en ma qualité de scientifique. Mais qui ne colleraient pas avec l'esprit de ce blog pour autant. Non pas que je sois indifférent aux débats animant mes pairs. J'ai, comme à chacun, mes opinions sur les questions actuelles. Je considère juste qu'il existe suffisamment de lieux pour en débattre sur la blogosphère comme sur la Toile.

Ecolo Gogo est un "pied de nez" à certains courants écologistes, bien entendu, mais le clin d'oeil s'arrête là, et il ne s'agit pas d'un blog satirique. Mon travail repose avant tout sur les sciences de l'environnement, et leurs interactions les plus directes avec notre société. C'est, là aussi, un créneau important que les scientifiques se doivent de prendre, en allant plus au devant du grand public, en reprenant leur place dans des débats où ils sont cruellement absents, et en prenant conscience de l'importance de leurs rôles à jouer. En cela, comment ne pas saluer l'initiative de Pascal et de "science! on blogue" ?

Enfin, un dernier clin d'oeil, si sciences de l'environnement et société doivent s'accorder, dialoguer, le scientifique ne doit pas se perdre dans le "politiquement correct" et les connivences ! Comme je le disais lors de ma série de billets sur le Giec, la science doit se garder de "négocier" ses résultats et son image auprès des décideurs ! Dernière pointe provocatrice : les Sciences de l'Environnement n'ont pas besoin de Prix Nobel de la Paix pour exister dans l'esprit de chacun.

27 novembre 2007

Des plantes génétiquements modifiées contre la sécheresse

Le journal Nature propose dans ses actualités en ligne de découvrir un tabac génétiquement modifié résistant à la sécheresse. Ces pieds, particulièrement robustes, peuvent supporter jusqu'à 70% d'apports hydriques en moins par rapport à leurs congénères conventionnels. Cette étude, dans laquelle sont impliqués des chercheurs de l'INRA, a été menée sur un modèle végétal particulièrement facile à manipuler en amélioration génétique. 
 
Le biologiste Eduardo Blumwald de l'université de Californie, leader du groupe de scientifiques ayant mené ce travail, s'est intéressé à la cytokinine, hormone végétale qui n'est plus exprimée dans les tissus en sénescence. Blumwald et son équipe se sont proposés de faire sur-produire une protéine impliquée dans la biosynthèse de la cytokinine. Alors que les plants de tabac stressés voient leurs feuilles se flétrir et mourir, les plants transgéniques conservent leur feuillage, alors que le stress hydrique harasse la plante. Leurs résultats sont d'autant plus surprenants, car comme le précise le chercheur français Jeffrey Leung, d'autres papiers se focalisaient sur le rôle de l'acide abscissique dans la tolérance à la sécheresse.
 
Cette histoire n'est pas sans me rappeler le fait que les OGM sont également pressentis comme une solution pour la lutte contre le stress hydrique. Cet argument prend de plus en plus de poids dans le débat alors que les ressources mondiales en eau se font plus précieuses chaque année. Il est intéressant de noter, d'ailleurs, que les Australiens sont très majoritairement favorables aux OGM cultivés en plein champ, en raison de cet "argument de l'eau".

25 novembre 2007

Quel est le niveau de ce blog ? Un test rapide en ligne

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22 novembre 2007

Le Sahara générateur d'électricité

0e88c0887ce49c458dd76af7d26811c6.jpgDepuis quelques années déjà, l'idée d'une immense centrale solaire au coeur du Sahara fait son chemin. Imaginez donc : l'ensoleillement du grand désert africain permettant de produire une énergie renouvelable, propre (on ne parlera pas volontairement des procédés de fabrication des cellules photovoltaïques, mais je concède cet argument aux lecteurs qui y songeraient) et abondante !

Seul problème : il fallait des porte-paroles conséquents pour appuyer les énergéticiens professionnels ou en herbe adeptes de l'idée. Des ingénieurs allemandes viennent en renfort, et usent de toute leur verbe pour convaincre nos décideurs de soutenir un tel projet. Première victoire : Bruxelles est de plus en plus séduite, et deux parlementaires, Rebecca Harms et Anders Wikjman, soutiennent le projet, organisant un colloque le 28 novembre prochain.

"Les déserts chauds couvrent environ 36 millions de km2 sur les 149 millions de km2 de terres émergées de la planète, explique dans Le Monde le physicien Gerhard Knies, inspirateur du projet TREC (Trans-Mediterranean Revewable Energy Cooperation). L'énergie solaire frappant chaque année 1 km2 de désert est en moyenne de 2,2 térawattheures (TWh), soit 80 millions de TWh par an. Cela représente une quantité d'énergie si considérable que 1 % de la surface des déserts suffirait pour produire l'électricité nécessaire à l'ensemble de l'humanité."

Et le se prend à rêver de ces centrales thermiques à concentration, grâce auxquelles les pays d'Afrique du Nord auraient une énergie électrique permettant de dessaler l'eau de mer (affranchissement de la dépendance à l'eau potable), de se développer à partir d'une source propre, et qui plus est serait exportable en Europe ! Malgré d'inévitables pertes en ligne, ce point est jugé crédible par les experts. Pour l'instant, aucune remarque au niveau de lignes à très haute tension traversant Gibraltar. J'aurais tendance à prendre avec prudence cette idée d'exportation vers l'Europe, sans plus d'études d'impacts pour le moment.

Mais l'idée reste forte pour les pays du Sud, et je préciserais même pour les pays du Sahara, Sahel et de l'arc Méditerranéen sud. Reste à savoir comment un tel projet s'appliquera sur le plan géopolitique : qui aura le pouvoir du Soleil entre ses mains ?

21 novembre 2007

Giec : comme un drôle d'arrière-goût (3/3)

Fin du préambule consacré au GIEC et au changement climatique. Cette fois-ci, je touche le fond du problème : la sur-médiatisation et la politisation du GIEC nuit-elle à son argumentaire climatologique ? 

 ***

Depuis cette année, le Giec a pris une direction surprenante, mais que beaucoup justifient comme une volonté d’action plus directe. Agir au plus vite, faire réagir les dirigeants, tirer la sonnette d’alarme. On pourrait continuer ainsi cette liste des formules pendant un petit moment. Beaucoup de membres du Groupe le reconnaissent eux-même, la présence de décideurs a fortement influencé le cours des réunions des groupes de travail.

Car au lieu de simplement détailler des éléments scientifiques, de discuter des modèles et d’en conclure sur leur fiabilité, les scientifiques du Giec ont dû négocier auprès de décideurs leurs résultats. La science s’est-elle fait diplomate face à la politique ? Toujours est-il que la tentation médiatique et politique a eu en partie raison du Giec. Nous sommes retombés dans les travers de Kyoto, les discours alarmistes, et les graphiques bidouillés. Sauf que 10 ans plus tard, les données climatologiques sont bien plus avancées qu’à l’époque. Et pourtant, l’objectif est le même. Il faut convaincre les dirigeants. Les engager dans le combat. Mais pas de second échec. 2007 doit frapper fort, et être rempli de symboles marquant aussi bien les politiques que les peuples.

L’effet de communication a été parfait. Trop parfait même. Les prédictions du Giec ont été sur-médiatisées, diffusées à toutes les sauces, dénuées de leurs avertissements, avant d’échouer comme dogmes adoptés au consensus par une communauté scientifique épurée. Il n’y aurait pas eu meilleure formulation que de parler de Concile à la place de Réunions de travail pour exprimer pleinement mon foutu arrière-goût amer. Et il n’y a pas de plus bel exemple de ce drôle de goût que cette « sacralisation » en tant que Prix Nobel de la Paix, récompense partagée avec Al Gore.

Je ne reproche pas au Giec son travail scientifique de fond. J’en serais éventuellement critique sur certains points tant que mon bagage scientifique en chimie de l’environnement et climatologie me le permettent, mais je ne me ferai pas climatologue. Ce n’est pas ici mon rôle que de donner des leçons de science à des experts. Mais je ne les suis pas sur la forme. Non, je pense que le Giec, en voulant agir au plus vite, s’est brûlé les ailes sous le feu des politiques et des médias. Son discours est critiqué et débattu par la petite communauté d’experts en climatologie ; mais au-delà de cette sphère très privée, le message du Giec a été porté aux nues. Ce n’est plus prédiction, mais une prophétie. Et c’est là tout l’échec du Giec face au grand public.

Je le répète, oui ma critique va sur la forme. Elle semblera à certains bien dérisoire, ne faisant que tourner autour du pot. Mais je reste convaincu d’avoir enfin pu mettre des mots sur mon malaise.

Alors quoi ? Ce Prix Nobel de la Paix, n’est-ce pas une juste récompense ? Oui et non. Car ce n’est pas un Prix Nobel scientifique, mais politique, d’une part. Et qu’ainsi, le Giec se voit décerner des lauriers politisés, là où il aurait fallu lui accorder les plus grandes estimes scientifiques. Car si son travail est si remarquable, ne devrait-il pas être récompensé par la Science, et non par la Politique ? Mais le Giec a accepté ce Prix Nobel. Il aurait pu le refuser. Mais il ne l’a pas fait. C’est une erreur. Désormais, les noms d’Al Gore et du Giec sont intimement liés par ce Prix Nobel partagé. Et le politique fusionne avec les sciences.

Voilà ce que je reproche pour ma part au Giec. Je pense que l’engagement politique pris est un terrain glissant, dangereux. En jouant de cette sur-médiatisation, en se créant une telle popularité et se laissant sacraliser, le Giec joue un jeu dangereux. Peut-être risque-t-il de provoquer sa propre chute ; que se passera-t-il pour la climatologie si cette figure-star d’aujourd’hui venait à être jetée à bas par ces mêmes médias et politiques ? Peut-on se permettre de prendre un tel risque, alors que si les enjeux sont aussi pressants, ne devraient-ils pas être pris en compte, sans concessions, sans rechercher la gloire et l’influence ?

 

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Ma critique du Giec est bien longue ! Je n’en ai pas assez dit, malgré ces trois longs billets à suivre. Je n'ai fait que m'attaquer à la forme, j'espère avoir l'occasion de potasser le fond. En simple spectateur. Je suis biologiste, après tout. Et modeste, je ne me ferai pas climatologue pour venter ms billets. Non, mais mettre des mots sur cet arrière-goût amer me suffit déjà amplement.

Certainement ai-je trop parlé de manière subjective. Mais le blog libère la plume, là où le texte scientifique la frustre. Certainement ne suis-je pas le seul à m’être ainsi questionné sur l’orientation du Giec. Peut-être est-ce bon de ne pas perdre de vue cette dérive du débat public en climatologie, j’ai réellement le sentiment que cette « sur-médiatisation » le dessert. Le message initial est passé, mais le répéter en boucle pourrait avoir des effets néfastes. Peut-être est-ce pour celà aussi que Allègre réagit si violemment au facteur anthropique dans le réchauffement climatique. En combattant cet argument, peut-être vise-t-il une certaine idéologie qu'il craint de voir s’insinuer dans Ce débat. Cette idéologie n'est autre que celle argumentée en substance par l’auteur de « L’humanité disparaîtra, bon débarras ! », et qui consiste à maudire l’Homme pour sa profanation d’une Nature sacralisée. Peut-être est-ce donc cette dérive d’un écologisme spirituel que certains croient combattre en attaquant le Giec et le facteur anthropique dans le réchauffement climatique. Peut-être. Et ce Prix Nobel apparaît alors comme une récompense accordée face aux tortionnaires humains, adversaires de la Paix sur la Terre Verte. De la dictature de l'Homme sur "Dame Nature". Le mélange est détonnant. Spiritualisme et climatologie, alors qu'il faut rappeler au combien sciences et religion ne font pas bon ménage !

Oui, peut-être aurait-il mieux fallu qu’ils le refusent, ce fichu Prix Nobel.

20 novembre 2007

Giec : comme un drôle d'arrière-goût (2/3)

Suite de ce billet consacré à la naissance de ma réflexion sur le GIEC et le réchauffement climatique, prélude à mon intérêt pour ces questions scientifiques particulièrement sensible. Dans ce second volet, j'évoque la lecture d'opposants au Global Warming, et l'esprit sceptique animant leurs écrits.

***

 Je ne le cacherai pas, j’ai été particulièrement enthousiasmé par la plume d’Allègre et son esprit scientifique et critique. La lecture de son livre est venue à une époque où je démarrais ce blog, et je ne vous mentirais pas en vous disant qu’il m’en inspira certains billets. On se nourrit de ses lectures, mais encore faut-il prendre garde à ce qu’elles ne nous dévorent pas.

Quelque chose, dans le discours d’Allègre, répondait à mon arrière-goût étrange. Le géophysicien défend l’idée que l’activité humaine ne joue pas le rôle si important qu’on lui accorde à l’heure actuelle dans le réchauffement climatique. Stéphane sur son blog publiait peu de temps après une vidéo du Pr. Marcel Leroux, climatologue auteur d’ouvrages universitaires sur le sujet, mais également fortement critiqué pour ses prises de position contre la théorie du « Global Warming ». Ma réflexion, à ce moment-là, restait une critique de la notion de consensus, que je trouvais impropre à la réflexion scientifique. Dans un billet de janvier 2008, je reviens sur Allègre et son manque d'honnêteté scientifique dans son ouvrage, mais continuons ce récit pour le moment.

La dernière pièce du puzzle vint s’ajouter lors des Utopiales de Nantes, par une petite phrase émise par un intervenant au débat sur le Changement Climatique. Une petite allusion, bien insignifiante sur le moment, et qui pourtant ressurgit dans mon esprit quelques temps plus tard. Ce scientifique avouait que les imprécisions du Giec étaient liées aux « décideurs ». Je ne saurais dire pourquoi, lorsque l’arrière-goût étrange revint dans ma bouche, je ne réagis pas plus vite. Pourquoi je ne mis pas enfin le doigt dessus, ce jour-là. Toujours est-il que j’avais désormais tous les éléments en main pour mettre un nom sur ce goût amer.

Giec : comme un drôle d'arrière-goût (1/3)

Il y a quelque chose de malsain dans le débat actuel sur le réchauffement climatique. Dans cette série de billets servant de préambule à mes articles sur le réchauffement climatique, j'essaie d'exorciser mes doutes et mon scepticisme afin d'aborder objectivement la question climatique. J'aborde à tour de rôle le GIEC, puis ses adversaires (Leroux, Allègre, Courtillot ...), et mets enfin le doigt sur mon malaise. L'écriture libère l'esprit.

*** 

Pendant de nombreuses semaines, je me suis répété cette phrase. J’ai cherché dans les publications, les rapports du Giec, les livres de ses détracteurs des réponses à mon sentiment. Et puis, en rédigeant mon billet d’humour (noir) d’hier, ma réflexion a commencé à germer. Elle est éclose, désormais, et une heure de discussion passionnée avec ma biogéographe de copine m’ont permis de la développer parfaitement. Cette fois-ci ça y est, j’ai enfin mis le doigt sur ce qui me dérange dans le Giec, dans le débat sur le fameux Global Warming.

Retour sur le début d’année. Je découvre avec avidité le premier rapport 2007 du Groupe d’Etude Intergouvernemental sur l’évolution du climat. Je reste tout d’abord très humble face à la quantité impressionnante de connaissances accumulées afin de bâtir, non sans incertitudes mais de manière toujours plus poussée, des modèles climatiques particulièrement bluffant. Car soyons honnêtes, les données présentées dans les rapports du Giec sont sidérantes. Comment ne pas trouver excitant la lecture d’un tel rapport lorsqu’on s’intéresse aux sciences de la Terre et de l’Environnement ?

Quelques semaines plus tard, le second rapport était publié. Cette fois-ci, un mot retint mon attention. « Décideur ».  Jusqu’à présent, je n’avais pas fait plus attention que cela sur ce mot, omniprésent sur ces « rapports à l’attention des décideurs ». Donc des politiques. A première vue, voici un effort louable, un appel clair et net d’un groupe important parmi la communauté scientifique lancé à nos décideurs politiques. Sans trop savoir pourquoi, ce mot me dérangeait. Quelque chose sonnait tout de même faux par rapport aux anciennes sessions du Giec. « Décideurs ». Non, ce mot me laissait vraiment un drôle de goût dans la bouche.

L’été arriva, et je m’intéressais au déballage médiatique sur l’incidence de l’activité solaire sur le réchauffement climatique, relation défendue par certains chercheurs français comme Allègre, et qui venait d’être mise à mal par une nouvelle étude d’astronomes. Mon premier sentiment fut de me réjouir que ce débat avance, bien que restant neutre d’opinion sur Claude Allègre. Certains médias n’hésitèrent pas à tirer à boulets rouges sur Allègre en réponse à cet article, et les munitions étaient estampillées des initiales G.I.E.C. L’arrière-goût refit surface dans ma bouche. Quelle drôle de sensation ! C’est alors, qu’intrigué, je voulu en savoir plus. En septembre dernier, j’achetais le dernier ouvrage d’Allègre chez mon libraire. 

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19 novembre 2007

Devinez qui vient manger ce soir ...

Le week-end prochain, ma copine invite à dîner deux de ses meilleures amies de Prépa. La première d'entre-elles est une partisane de José Bové, tandis que la seconde milite pour un écologisme radical. Mais alors me direz-vous, comment vais-je survivre à un tel repas piégé ? Rassurez-vous, chers lecteurs, j'ai la solution pour que ce repas ne vire pas au pugilat !

Tout d'abord, préparons avec soins le menu. L'apéro, tout d'abord. On évitera soigneusement toute provocation gratuite à base de cola industriel, mais l'on privilégiera les jus de fruits en bouteilles et les bières locales. Tablons sur du régional, de l'authentique, mais pas de polémique. Pas de grande marque d'alcool non plus, malheureux ! Il s'agit de mettre l'ennemi en confiance. Pas de lui servir un Ricard tout en râlant sur "ces fainéants de grévistes, non mais tout s'perd en France". Non, allons donc. Sachons endormir sa méfiance plutôt que de provoquer son tempérament fougueux.

Passons au menu. Là encore, ma copine me propose un apéro dinatoire. Miniatures et autres canapés sont de rigueur. Mais attention, n'oublions pas que pour l'une de nous convives, le déballage de charcuterie serait une insulte à la cause animale. Soit, il faudra ruser. Tout d'abord, n'oublions pas de favoriser les légumes de saison. Le piège est grossier, mais évité. Ouf ! Comme il va de soit que je ne pourrais me passer de viande, je vais profiter une fois de plus des produits artisanaux. C'est de la cochonnaille ? Oui, mais c'est du patrimoine, fait dans le respect de l'art avec des z'animaux conscients d'appartenir à une juste et noble cause de sauvegarde de notre terroir, dans le respect de l'agriculture biologique. Belle pirouette, mais je n'aurai ma cochonnaille pour autant. Non, franchement, vous n'avez pas trouvé la faille ?

Mais oui bien sûr ! Car à tout bien réfléchir, si je sors ma tirade cochonnailles, tripes et tradition, je risque fort de dériver sur un discours digne de Chasse, Pêche, Nature et Tradition. Non très mauvais terrain ! Je sens déjà d'ici le débat glisser et la soirée sombrer. Je me réfugie donc sur les mets asiatiques (dont je raffole). Les plats ne sont pas artisanaux, mais tant pis ! Aucune difficulté à enchaîner le débat sur des sujets plus tranquilles comme les beautés de l'Asie, ses mystères, ses régimes totalitaires ou assimilables, bref des débats très peu embêtants vu que l'on ne peut que tomber d'accord (sur le problème des droits de l'Homme, et même parler du désastre écologique en Chine, non vraiment, un sans accrocs !). Parfait, nous ne sommes pas passés loin de la catastrophe.

Catastrophe ? Oui catastrophe naturelle. Réchauffement climatique. Giec. Al Gore. Et tous nos efforts seraient ruinés en une seconde. Mais quelle erreur que de laisser couler ainsi la soirée ! Asie, voyages bien sûr ! Culture, expérience unique, je compte sur les voyages de ma copine et les souvenirs de virée de ses amies pour relancer tout ça et ne surtout pas dériver sur ... Les souvenirs de prépa.

Ha oui, la Prépa Bio de ma copine, les futurs agronomes, l'agriculture, José Bové, OGM, tout ça. Non très mauvais. Et inutile d'essayer de détourner l'attention avec un bon p'tit vin. Car viticulture, pesticides, biodynamique, soirée ruinée.

Oui je sais, ce billet d'humour tourne en rond. Mais honnêtement, à ma place, vous feriez quoi ? Vous savez pertinament que votre recherche biblio sur les OGM ne fera pas le poids face au discours biaisé (politisé ?) de vos convives, et que la moindre critique sur la façon dont le débat sur le Réchauffement Climatique vous attirera les pires insultes d'hérétique indigne. Inutile aussi de critiquer Hulot, de parler de votre dernière lecture d'écologues maudits par les milieux écologistes, d'aborder le nucléaire, ou tout simplement de rappeller que vous avez une maitrise de biotechnologies ou que vous êtes contre le blocus des facultés. Et je ne parle même pas des différentes idées reçues ou hoax que mes chères convives ne manqueront pas de déballer, tous domaines confondus.

Donc, en conclusion, à part rester sagement dans mon coin et prendre mon mal en patience. Après tout, c'est bon les nems, et on ne parle pas la bouche pleine. Tiens, si on mangeait japonais ? Au Japon, il est de coutume de ne parler ni de sexe, ni de politique à table. Sages Japonais !

18 novembre 2007

Clonage du singe ?

a8853051a7ae41d4121cf7a416cb880e.jpgRetour sur l'actualité de cette semaine : un site d'actualité scientifique, très prolifique et jouissant d'une forte influence (pour ne pas le citer) titrait sur le clonage du singe rhésus.

Cette nouvelle est fort intéressante sur le plan biologique, puisque depuis l'imposture du coréen Hwang en 2004, le doûte planait sur la faisabilité du clonage chez les primates. L'équipe américaine y répond en partie, en obtenant 2 lignées de cellules souches à partir d'embryons clonés. Pour se faire, les chercheurs ont introduit un noyau de cellule de peau dans un ovocyte énucléé, les deux donneurs étant des animaux différents.

L'article français que j'ai parcouru m'a laissé un arrière-goût de bâclé. En effet, les chercheurs américains sont parvenus à créer des lignées cellulaires, et donc d'ouvrir la voie au clonage thérapeutique, mais non au clonage reproductif dans son ensemble, ce que concluait le journaliste français.

Car, pour qu'il y ait clonage reproductif, encore faut-il que les embryons clonés soient implantés dans l'utérus d'une mère porteuse, et s'y développent normalement pendant la gestation. Et pour le moment, l'équipe américaine n'y est pas parvenue, malgré différents essais.

Cependant, le clonage chez les primates ouvre une boîte de Pandore jusqu'ici restée temporairement fermée (actualité oblige ?). Quelle éthique pour le clonage chez les primates ? Et après-demain, quid du clonage humain ? Alors que l'obtention de cellules-souches par des embryons ne faisant pas l'objet de projet parental bloque déjà au niveau éthique et religieux - bien que des solutions alternatives soient en cours de développement - le développement d'un clonage thérapeutique humain reste également un sujet épineux.

En guise de conclusion, et puisque le clonage humain reste, malgré l'optimisme ressenti dans la copie de ce journaliste français, une anticipation de la science d'après-demain. Mais cette histoire est l'occasion de se repencher sur le clonage reproductif et la reproduction in vitro, que la science-fiction nous invite à anticiper et à débattre.

15 novembre 2007

Et ces semences, alors ?

ff77ee0ab954803d5df3a81762fd24dd.jpgComme promis à Rosa, il me fallait revenir sur la problématique de l'industrie semencière. Il est important de séparer, tout d'abord, un type d'agriculture « moderne » d'une agriculture « traditionnelle » ou « biologique ». La différence est assez fondamentale, car nous avons deux types d'agriculture, de manière très simplifiée, à présenter et à défendre.

L'agriculteur peut vouloir cultiver un hybride ou un cultivar particulier (variétés développées et cultivées par l'homme dans des buts agronomiques précis de qualité et de rendement). Dans ce cas, il va contacter des industriels et agronomes ayant développé ces cultivars particuliers ; le plus souvent par l'intermédiaire de la coopérative agricole qui revend les semences désirées. La production de graines est assurée par une filière particulière en production végétale : l'industrie semencière. Etant donné qu'il y a tout un travail de propriété intellectuelle et de R&D sur ces semences, on tombe dans le vif du sujet : à savoir les questions de droit des semences et de brevetabilité. Petit aparté sur le brevetage du Vivant, un débat actuel, mais une réalité fort ancienne, puisque Pasteur fut le premier à breveter, fin 19ème siècle, une souche de levure. Nous ne sommes pas tant que ça dans un débat entièrement nouveau, mais dans une situation où les brevets et le droit industriel viennent se heurter de plein fouet à un autre type d'agriculture.

Je veux bien-sûr parler de l'agriculture traditionnelle basée sur une réutilisation d'une partie de la récolte comme semences. Conséquence du « flou » juridique, de nombreux conflits, hélas inévitables, éclatent avec l'industrie semencière. Ce que de nombreuses associations tentent de combattre. La situation a commencé à se dégrader dans les années 30, avec les premiers brevets liés aux semences agricoles, et a connu une situation particulièrement alarmante lorsque, par le jeu de formulations troubles en droit, tout végétal pouvait se retrouver, aux USA, brevetable en théorie !

Il n'est pas question, à mon sens, de privilégier un type d'agriculture plus qu'un autre, mais de permettre un développement des deux types en parallèle (des filières respectées). C'est un des messages du Grenelle. Quel que soit le type d'agriculture que l'exploitant souhaite développer, il faut qu'il soit capable de le faire, sans craindre de vices de formes ou de zones d'ombres juridiques comme politiques. C'est là un débat de fond, et l'industrie semencière ne me semble que la partie émergée de cet iceberg.

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