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28 janvier 2008
Face au déclin des ressources halieutiques, l'aquaculture ?
Pour remédier à ce déclin annoncé, et laisser les stocks se regénérer de manière durable, de nombreux spécialistes ont appelé au développement de l'élevage de poissons. Une filière représentant déjà 43 % des poissons consommés dans le monde. La FAO précaunise d'augmenter la production aquacole et maricole, estimant que la demande mondiale en poissons atteindra les 180 millions de tonnes en 2030. Pour répondre à cette demande sans augmenter les prises actuelles (95 millions de tonnes par an), il faudrait donc doubler la production actuelle aquacole (45,5 millions de tonnes, voir figure 1).

En conclusion, tout n'est pas idéal en aquaculture, filière nécessitant un effort de recherche appliquée et de développement durable soutenu par nos politiques, pour être réellement productive et respectueuse de l'environnement. Peut-être, d'ailleurs, serait-ce aussi une solution de reconversion pour certains pêcheurs ? Les quotas étant basés sur des constats scientifiques, ils ne seront certainement pas changés par l'intervention démagogique de notre Président. Il est certainement temps de favoriser de réelles solutions, aussi bien environnementales qu'économiques et sociales. En ce sens, une aquaculture ayant résolu ses problèmes techniques et écologiques serait une alternative concrète.
19:30 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : aquaculture, ressources halieutiques, pêche, environnement côtier
24 janvier 2008
La guerre du thon
13:05 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : thon, protestation, quotas, pêcheries, mer
22 janvier 2008
Tel est pris qui croyait (me) prendre !
18:25 Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Allègre, réchauffement climatique, GIEC
21 janvier 2008
Bt et apiculture Bio
Merci à un lecteur du blog "Passion Maïs" qui m'apporte la précision suivante :
En apiculture biologique, un produit à base de bactérie B.t. est commercialisé "100 % biologique, inoffensif pour les abeilles".
http://www.vita-swarm.com/fiche_b401.html
L'argument voulant attribuer le syndrome de disparition des colonies d'abeilles au maïs OGM est bien entendu désormais largement réfuté. Et bien que vous présentant qu'une petite note aujourd'hui il me faut rajouter que ce syndrome d'effondrement des colonies est multi-factoriel, certainement lié à la pression de parasites, virus, et à la dégradation de la santé des abeilles victimes de produits phyto-sanitaires. Si le sujet vous intéresse je pourrai vous rajouter des liens dans les commentaires.
18:30 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bacillus thuringiensis, abeilles, OGM
17 janvier 2008
Agriculture Biologique pour tous ? La FAO dément !
Depuis quelques mois, les blogs de tendance écologiste relayent un avis de la FAO sur l'agriculture biologique, la jugeant capable de subvenir aux besoins de la planète.
Il semblerait que ces propos, attribués à la conférence internationale sur l'agriculture biologique de mai 2007, n'aient jamais été tenus. Selon "Alerte Environnement", le fameux communiqué de presse ayant alors circulé était un faux. Jacques Diouf, Directeur Général de la FAO, a ainsi déclaré dernièrement : « La FAO n’avait aucune raison de croire que l’agriculture biologique puisse remplacer les systèmes agricoles traditionnels, pour garantir la sécurité alimentaire mondiale ».
19:40 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : FAO, intox, agriculture biologique
10 janvier 2008
OGM : vers un gel du débat scientifique
La Haute Autorité sur les OGM vient de livrer son avis d’expert sur la question du maïs transgénique MON 810. Emettant des doutes sérieux sur ce cultivar de Monsanto, le Gouvernement (enfin, Notre Président) pourrait bien faire valoir notre droit auprès de l’UE afin d’interdire la culture de MON 810 en France.
Mais qu’est-ce que la Haute Autorité reproche au MON 810 ? Les dépêches d’agence de presse relayent pour le moment les trois arguments suivants : le maïs serait dangereux pour l’écosystème, il y aurait risque de résistance des insectes-cibles (pyrale et sésamie), et enfin il y aurait dissémination du transgène jusqu’à 100 km (!) (en rédigeant ce billet, les infos à la radio ont annoncé de 100 km à plusieurs centaines de km en l’espace d’une heure !).
Première réaction à chaud de ma part sur cette annonce, avant même que la décision finale de Sarkozy soit tombée, j’émets à mon tour de sérieux doutes sur l’avis de cette nouvelle commission.
L’impact sur les écosystèmes a été particulièrement discuté ces dernières semaines, suite à la publication d’un article mettant en avant une toxicité de la protéine Bt sur les insectes aquatiques étudiés. Les auteurs notaient que jusqu’alors, seules les Daphnies (petits crustacés) avaient été suivies, étant des organismes-modèles en écotoxicologie aquatique. Mais la mise en évidence de cette toxicité n’a rien d’étonnant, vu que la protéine Bt est un insecticide. Testez un produit agrochimique équivalent, vous obtiendrez les mêmes conclusions. De même en agriculture biologique où le principe actif de la toxine Bt est utilisé. Parallèlement à cette étude aux résultats tout de même discutables, il faudrait citer le fait que le Bt est plus sélectif que les traitements insecticides classiques, qu’il respecte plus la biodiversité en champ (comparaison positive avec des traitements chimiques) et qu’enfin il permet de réduire sensiblement l’utilisation de produits phytosanitaires en champ, bien plus polluants.
Quant à la résistance des insectes-cibles, la Haute Autorité n’a rien découvert de nouveau. En sélection agronomique classique aussi, les nouveaux cultivars résistants finissent par devenir sensibles aux parasites et pathogènes (exemple frappant du Colza …). De même pour les insecticides chimiques. Et de même pour l’agriculture biologique utilisant des extraits bactériens Bt (et donc la toxine Bt) ! Ce n’est pas un argument in fine.
Enfin, la dissémination sur (plus de ?) 100 km, énorme surprise, alors que les flux de gènes mesurés ne dépassent pas les … 100-200 mètres. Au-delà, les teneurs tombent sous le seuil de détection. D’où sortent donc ces nouvelles données complètement en opposition avec la bibliographie la plus récente ? Il n'y a décidément qu'en France où l'on peut lire que cultures OGM et conventionnelles ne peuvent pas cohabiter !
Si le maïs MON 810 est définitivement « gelé » en France, il n’y aura que peu d’arguments solides pour justifier ce choix. D’ailleurs, si l’argument en faveur des écosystèmes aquatiques est retenu, il faudra également l’appliquer à l’agriculture biologique et intensive pour être parfaitement intègres. Sinon, pourquoi taper que le MON 810 ? Peut-être parce que le lobbying écologiste est désormais le seul à peser auprès du Gouvernement dans ce débat. Si l’on peut encore parler de débat sur les OGM en France.
16:55 Publié dans Ecologie | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : OGM, Sarkozy, MON 810, Monsanto, biodiversité
06 janvier 2008
OGM : appel contre le moratoire
Je relaye ici la pétition lancée par 7 scientifiques en opposition à un Moratoire sur le Maïs "MON 810" en France, seul OGM actuellement cultivé en plein champ pour le commerce sur notre territoire :
http://nonaumoratoire.free.fr/
La cohabitation des cultures de maïs conventionnel, de maïs génétiquement modifié et de maïs produit selon le cahier des charges de l’agriculture biologique est possible. Elle est déjà une réalité dans de nombreux pays. Une décision de suspension de la culture des maïs GM, qu'elle dise son nom ou qu'elle soit dissimulée derrière des mesures réglementaires discriminatoires - et donc dissuasives - n'aurait aucune justification scientifique car elle ne s'appuierait que sur des incertitudes imaginaires voire mensongères tant sur le plan environnemental qu'alimentaire. Une telle décision serait en contradiction avec le principe de précaution.
Sont à l'initiative de cette déclaration :
- Michel Naud, président de l'Association française pour l'information scientifique (AFIS)
- Jean-Paul Krivine, rédacteur en chef de Science et pseudo-sciences
- Louis-Marie Houdebine, directeur de recherche, INRA
- Marcel Kuntz, directeur de recherche, CNRS
- Yvette Dattée, directeur de recherche, INRA
- Philippe Joudrier, directeur de recherche, INRA
- Marc Fellous, professeur des universités, Université Paris VII
12:26 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : OGM, moratoire, AFIS
03 janvier 2008
Cyclones et changements climatiques
Tout le monde a encore à l’esprit les terribles ouragans de 2005 et 2007, les images apocalyptiques de la Nouvelle-Orléans au lendemain du passage de Katrina, ou encore la fulgurante montée en puissance de Félix cette année. Face à la montée en puissance de ces fléaux météorologiques que sont les cyclones, de nombreux scientifiques ont pointé du doigt les effets du réchauffement climatique. A tord ou à raison ? La réalité est peut-être bien une réponse de normand ! …
Les cyclones sont de terribles tempêtes naissant au-dessus des eaux tropicales et sub-tropicales. Elles apparaissent en été, lorsque l’irradiance solaire absorbée par la surface de l’océan est restituée sous forme de chaleur et de vapeur d’eau. Des cumulus s’accumulent alors, formant des orages, et pouvant engendrer un mouvement de convection à l’origine du cyclone.
Depuis quelques temps, le nombre et la puissance des cyclones de l’Atlantique Nord (nous nous limiterons à cet exemple) semble augmenter de manière inquiétante. Une situation mise en relation avec le réchauffement climatique, qui en augmentant la température à la surface des eaux, favoriserait l’apparition de cyclones.
Le nombre de cyclones augmente-t-il sensiblement ? Actuellement, les archives météorologiques les plus fiables sur ce sujet remontent jusqu’à 1970, date de la mise en service du suivi satellite des cyclones. Lorsque l’on regarde l’évolution du nombre de cyclones sur la période 1981-2007 (figure 1), on obtient un histogramme peu convainquant. En effet, le nombre d’événements cycloniques, dépressions et tempêtes tropicales incluses, semble légèrement augmenter au fil des décennies, mais plusieurs années viennent contrarier cette tendance, notamment 1982-1983, 1986, 1992-1994, 1997-1998, 2002, 2004 et 2006.

Comment expliquer ces baisses parfois brutales dans notre histogramme ? Il faut ajouter à notre raisonnement un autre événement météorologique : le phénomène ENSO, ou El Niño Southern Oscillation. Schématiquement, El Niño c’est quoi ? Il s’agit d’une phase anormalement chaude des eaux de surface du Pacifique Ouest, entraînant un déplacement de ces eaux très chaudes (plus de 28°C) vers le centre du bassin, une diminution de la pression atmosphérique à la surface de la mer en Pacifique Est et un cisaillement des vents, diminuant les vents alizés (voire les renversant). L’inverse se produit lors d’un événement La Niña. El Niño agit sur tout le climat tropical de la planète. Il va contrarier les saisons cycloniques en Atlantique, en raison des effets de cisaillement du vent.
Conséquence, pour chaque événement El Niño, il devrait y avoir réduction du nombre de cyclones dans l’année. Et c’est le cas. 82-83 a été l’événement El Niño le plus intense du siècle, 86, 92-94 et 97-98 sont aussi des événements El Niño, et enfin 2002, 2004 et 2006 sont des événements de faible amplitude.
Nous avons donc montré comment un phénomène météorologique connu interagit sur le nombre de cyclones en Atlantique Nord. Qu’en est-il maintenant de l’intensité de ces cyclones ? Lorsque l’on regarde la figure 2, qui distingue par un code couleur les catégories de cyclones lors des 13 dernières saisons, il apparaît que depuis 2003, les cyclones de catégorie 5 sont beaucoup plus réguliers. La saison 2006 a été moindre, en raison de l’événement El Niño, mais elle reste flanquée de deux saisons alarmantes, dont le record de 2005.

De plus, les relevés de température à la surface de l’océan montrent une hausse depuis une dizaine d’année. Augmentation avérée, et dont la cause serait le réchauffement climatique. L’intensité des cyclones étant liée au réchauffement des eaux de surface, ne voici pas là un élément inquiétant du dossier ?
Reste cependant à savoir comment l’événement El Niño se conduit face au réchauffement climatique. La question fait actuellement débat. Les événements 2002, 2004 et 2006, de faible importance, pourraient traduire, de part leur succession inhabituelle, des changements des conditions moyennes dans le Pacifique tropical (sources : IRD). Or, ces changements sont-ils le résultat d’une évolution naturelle aux échelles de temps décennales, ou bien traduisent-ils une réponse au réchauffement climatique ? Et si El Niño est affecté par le réchauffement climatique, quelle sera sa réponse ? Assisterons-nous à une amplification ou à une réduction de l’intensité des événements ?
18:30 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : climat, cyclones, réchauffement climatique, el nino









