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24 février 2008

Salon de l'Agriculture 2008

Samedi 23 février. Ouverture du Salon de l'Agriculture 2008. Ouest-France dresse une liste fort pertinente des questions pièges auxquelles devra répondre Nicolas Sarkozy durant les jours à venir. 

- Que deviendront, après 2013, les aides publiques à l'agriculture et quel avenir pour la PAC ?

- Qu'impliquera, pour les agriculteurs, le Grenelle de l'environnement ?

- Les paysans pourront-ils toujours compter sur le progrès technique ?

- Le droit des relations avec les grandes surfaces sonnera-t-elle le glas des petits producteurs ?

- Les éleveurs sont-ils condamnés à être en crise permanente en raison des prix élevés des céréales ?

 

Mais bon ! Tout ceci n'a que peu d'intérêt vu que la principale leçon du Salon de l'Agriculture restera cette vidéo. Si notre Président nous montre l'exemple du débat constructif, je ne vais pas tarder à publier sur ce blog mon magnifique logo "OGM j'en veux !", lui aussi provoque, mais garanti sans "pauvre con" (AOC).

 

 

  

 

21 février 2008

OGM : ce mystérieux rapport de l'ONU

Europe 1 en faisait son actualité principale la semaine dernière : un pré-rapport de l'ONU, rédigé par 4000 scientifiques, meten doûte l'efficacité des OGM. Bien que devant encore être discuté en réunion plénière à l'ONU, les les semenciers et spécialistes du secteur des biotechnologies comme Monsanto, Syngenta et BASF ont d'ores et déjà quitté le groupe de travail en signe de protestations. Mais que contient ce fameux pré-rapport ?
 
Ma première réaction fut de rechercher ce fameux document. Problème, je tombe de manière récurrante sur un communiqué des "Amis de la Terre", ONG ayant depuis longtemps choisi le camp de l'idéologie au détriment de la réflexion scientifique. Chose particulièrement inquiétante, l'ONU ne communiquait pas là-dessus (google actus). Aucune nouvelle provenant de flux d'information sérieux sur les biotechnologies végétales comme Info PGM ...
 
Alors quoi ? D'où vient ce fameux rapport ?
 
" Peut-on promouvoir un développement durable et équitable grâce à l'accès, l'utilisation et la production de savoirs, de sciences et de technologies agricoles ? la réponse est non . "
 
On ne peut pas faire plus obscurantiste. Concrètement, lue dans l'article d'Europe 1, cette phrase ne laisse alors la place qu'au savoir "subjectif" et "para-scientifique" : l'agriculture bio-dynamique la plus radicale, peut-être. Non pas cette agriculture qui entend jouer sur les SDN (substances naturelles de défense), ni celle qui souhaite aider à partir de ses astuces traditionnelles la recherche en biologie végétale en lui donnant de nouvelles pistes d'investigation, non plus. 
 
Non, nous sommes clairement dans l'optique du sondage lancé par la revue "L'écologiste" , militant contre toute recherche en biotechnologie végétale, qu'elle porte sur les risques comme leur développement. "Ce que l'on ne veut pas comprendre, il faut l'interdire", tel est le sloggan sous-jacent de ces tristes initiatives.
 
Bien entendu, les arguments cités dans ces nouveaux rapports font la part belle aux vieilles rangaines sur les OGM. "Ils ne nourrissent pas la Planète". Non, bien entendu. Quand arrêteront-ils de se borner à cette mauvaise communication de Monsanto ? Personne n'y croit, à part quelques rares pro-OGM peu objectifs. "Les OGM consomment plus de pesticides". Ha ! Le bel argument mélangeant tout. Il faudrait écrire "Les OGM de type Rundup Resistant, qui représentent plus de 60% des cultures OGM mondiales, sont conçus pour utiliser plus de pesticides". Alors que la technologie OGM permet d'envisager diverses stratégies pour l'agriculture, et non faire que du RR ou du Bt - le même Bt, largement critiqué également par ces rapports, qui n'hésitent pas à passer outre les rapports agricoles indiens, bien entendu, pour relancer sur le suicide des agriculteurs; image forte, n'est-ce pas, mais au combien injustement reliée aux seuls OGM Bt, comme je le développais dernièrement.
 
Avec cette rumeur de rapport, ce document des Amis de la Terre et l'absence (au 20/02/08) de ressources officielles (est-ce parce qu'il s'agit d'un pré-rapport à soumettre à l'ONU ?), nous n'apprenons pas grand chose de nouveau, si ce n'est que les AdT et Greenpeace sont anti-OGM (sans déconner ?) et que les entreprises de biotechs ne sont pas prêtes de nuancer leurs communications (toujours à fond sur les OGM RR, grosse vente ...). Au final, encore un débat raté sur les OGMs, cela devient une habitude française ...  

16 février 2008

Les saumons d'élevage dangereux pour leurs congénères sauvages

Il y a quelques temps de cela, je rédigeais un billet sur les dangers de l'aquaculture en cages en milieu ouvert, et Timothée me complétait avec un très bon billet sur le sujet sur son blog.

Il faut croire que l'actualité scientifique a confirmé ses craintes autour des parasites et pathogènes charriés par les poissons d'élevage, puisqu'un article paru dans PloS Biology montre comment, avec cette seule menace, les saumons d'élevage font perdre 50 et 73% d'espérance de survie à leurs congénères sauvages !

Relatant cette histoire dans les colonnes de Spectrosciences, il ne manque pas de faire écho à mon billet sur l'aquaculture et l'environnement dans les commentaires de son actualité (merci !). Encore une fois, ces données ne manquent pas de faire souligner nos critiques scientifiques sur les élevages de poisson en milieu ouvert, pourtant indiqués comme solution contre la surpêche. La situation est loin d'être aussi simple que ce que la FAO voudrait le montrer !

08 février 2008

La pratique du non-labour fait des émules

ce632e3bae165f00d0d82e359dd8d35d.jpgC'est une petite révolution dans le monde agricole : le labour, image d'Epinal du cultivateur sur son tracteur, est une pratique de moins en moins pratiqué ! Longtemps considérée comme incontournable pour lutter contre les parasites et mauvaises herbes (plantes adventices), la pratique du labour est désormais détrônée par le passéisme en la matière. Une innovation simple, mais qui porte ses fruits, comme le révèle une étude agronomique.
 
Cette évolution concerne l'ensemble des cultures, mais plus particulièrement le blé tendre, où le non-labour est passé en cinq ans de 25 % des surfaces à 44 %. Avec respectivement 47 % et 28 %, le colza et l'orge sont aussi très concernés par cette évolution. Les grandes exploitations sont celles qui délaissent le plus le labour. Pour le blé tendre, celles de moins de 50 hectares sont 29 % à ne plus le pratiquer, contre 74 % pour les plus de 400 hectares. Les avantages sont multiples : gain de temps, baisse des frais de carburant pour les engins agricoles, meilleure protection des sols (cela fera plaisir à Mr. Bourguignon ;) ) ... "Non seulement le risque diminue dans les sols en pente, mais le non-labour protège aussi de l'érosion pluviale grâce aux résidus de culture laissés sur place" souligne l'étude.
 
Mais le tableau n'est pas totalement élogieux. Les plantes adventices se propagent plus facilement dans les champs, et leur retour force certains agriculteurs à augmenter leurs pulvérisations de pesticides. En 2006, pour le blé tendre, l'agriculteur a, en moyenne, pratiqué 1,7 traitement sur une parcelle non labourée, contre 1,4 sur une parcelle labourée. Pourtant, des solutions alternatives existent, comme le desherbage mécanique. A l'inverse, une mauvaise solution serait le recours aux OGM de type RR (Rundup Ready), qui favoriseraient une tendance au sur-traitement, et nuiraient ainsi durablement la qualité biologique du sol et du bassin versant. Un exemple typique de mauvaise utilisation d'une solution OGM qu'il est important de souligner. Non, dans ce type de situation, une meilleure rotation des cultures, cassant le cycle biologique des mauvaises herbes, est à précauniser. L'écart de rendement entre labour et non-labour est faible, 4% seulement, Le recours au non-labour n'est pas définitif, et nécessite un effort d'accompagnement afin de soutenir le rendement et lutter alternativement contre les adventices. C'est là que l'agronome doit pouvoir conseiller localement, au cas par cas, l'agriculteur, et travailler de concert. Ce sont eux, le moteur d'une agriculture raisonnée et scientifique !

04 février 2008

OGM : un délit de destruction de champs instauré en commission au Sénat

cf624f0502f0befaf9058439f1ee25b5.jpgPARIS (AFP) - Un "délit de destruction de champs" a été introduit par la commission des Affaires économiques du Sénat dans le projet de loi sur les OGM, examiné en séance publique au palais du Luxembourg à partir du 5 février, a annoncé mardi le sénateur UMP Jean Bizet, rapporteur de ce texte.

Au cours d'une conférence de presse, M. Bizet a présenté l'instauration de ce délit, passible de 2 ans de prison et 75.000 euros d'amende, comme la "contrepartie" de l'obligation de transparence, fixée par le projet de loi "au niveau de la parcelle".

Le délit de fauchage sera aggravé lorsque la destruction portera sur un essai de recherche, la peine pouvant être portée à 3 ans de prison et 150.000 euros d'amende.

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