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14 mai 2008

OGM et Assemblée : reculer pour mieux sauter

Soyons honnêtes. Le vote d'hier rejetant le texte de loi sur les OGM n'est qu'un coup d'épée dans l'eau. Un retard "à la française" qui ne remettra pas en cause le but même de ce texte. Oui, le maïs Mon 810 sera à nouveau cultivé, et il y a fort à parier que d'autres cultures OGM suivront.
 
On aura tout entendu ces derniers jours, autour de ce texte Borloo - NKM et du fameux coup de gueule de la secrétaire d'état, suite à l'amandement du député PCF André Chassaigne, et enfin hier, avec ce vote rocambolesque portant sur un point de procédure et que l'opposition a transformé en levier pour faire basculer à la renverse l'unité du groupe UMP. Car le rejet du projet de loi n'est au final motivé que par des manoeuvres politiques et une "faille de procédure".
 
Résultat, la commission mixte paritaire chargée de revoir le texte a, dès la fin de l'après-midi, remis le même texte, lançant un nouvel affront politique en pleine face de l'opposition. Laquelle opposition multiplie les recours pour remporter la bataille des OGM, derrière laquelle ce n'est pas Monsanto (n'en déplaise à MMR) mais le Président Sarkozy qui est visé.
 
Il n'y a donc plus de débat, d'intérêt public ou national, de réflexion bioéthique ou biotechnologique dans la tournure des événements. Et pourtant ! Nous avions eu avec Chassaigne une discussion fort intéressante, pourtant sur le point que "les OGM ne peuvent être cultivés, commercialisés ou utilisés que dans le respect de l'environnement et de la santé publique, des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales qualifiées +sans OGM+ et en toute transparence".
 
En effet Mr Chassaigne a tout à fait raison de préciser cela, et sur de nombreux points, il sera certainement rassuré, tout d'abord sur le fait que le maïs Bt est globalement plus respectueux de l'environnement et agronomiquement plus sûr que la culture intensive ou les semences modifiées par mutagénèse (méthode classique chez les semenciers). Ensuite, rappelons que les essais toxicologiques sérieusement menés ont tous permis de rejeter le risque direct sur le modèle animal (exemples ici, ou encore !). Enfin, concernant les filières de production, on s'interrogera sur l'utilisation du Bt comme agent biologique en norme AB. Mais Chassaigne a tout à fait raison de vouloir préserver - comme le fait le statut actuel - les filières avec et sans OGM, c'est je le rappelle même un des points du Grenelle de l'Environnement ! Il est cependant faux de traduire ses propos comme une volonté de refuser la cohabitation, bien au contraire. Ma lecture de l'amandement Chassaigne est justement d'appuyer sur le fait que la cohabitation est tout à fait possible, et qu'en la matière la France est le seul pays à le refuser ! (voir lettre info PGM pour les liens vers les colloques, rapports et fiches techniques de règles de cohabitation entre cultures OGM et non-OGM).
 
En conclusion, et puisque le débat français ne concerne que le maïs Bt, je constate qu'une fois de plus, les politiciens tentent d'enrayer le débat. Après l'échec du premier moratoire et le résultat désastreux (monopole de Monsanto, dégoût des bioentrepreneurs français ...), l'opposition cherche à politiser un débat technologique crucial pour notre agriculture. Encore du temps de gâché ... 
 
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