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22 mai 2008

Le texte sur les OGM adopté par le Parlement

Rapide billet d'actualité : Fin du couac parlementaire aujourdhui. Le texte sur les OGM, qui reconnaît notamment "la liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM" (résolution du Grenelle de l'Environnement), a été approuvé par 183 voix contre 42, le groupe PS s'étant abstenu.

Il ne reste plus qu'à attendre le vote final du Sénat. C'est enfin une sortie de tunnel à 10 ans de moratoire, de taboo et d'interdits idéologiques de tout genre. Un pas décisif pour notre avenir agricole. Le mot de la fin ira à Jean-Louis Borloo, rappelant que ce texte, "rigoureusement fidèle aux conclusions du Grenelle (...) instaure enfin des règles claires, précises, rigoureuses".

La seconde bataille sera désormais d'encourager, enfin, une filière d'agro-biotechnologies française, afin de limiter le monopole de Monsanto en France. Et enfin renouer avec notre place d'experts dans l'agronomie internationale !

J'en profite pour glisser quelques nouvelles. Dernièrement, Benjamin sur Bacterioblog publiait un billet sur les cultures RR. Ces OGM sont capables de résister au glyphosate, et représentent les principaux types de plantes transgéniques actuellement cultivées dans le monde. Un excellent article de Sylvie Bonnie ; "Genetically modified glyphosate-tolerant soybean in the USA: adoption factors, impacts and prospects. A review" paru dans Agron. Sustain. Dev. m'a inspiré quelques commentaires que j'aimerais vous soumettre d'ici quelques temps sur ce blog.

J'ai aussi sélectionné une liste d'ouvrages sur les OGM que je suis en train de (re)lire, afin d'un faire un billet de lecture. A suivre donc !

 

14 mai 2008

OGM et Assemblée : reculer pour mieux sauter

Soyons honnêtes. Le vote d'hier rejetant le texte de loi sur les OGM n'est qu'un coup d'épée dans l'eau. Un retard "à la française" qui ne remettra pas en cause le but même de ce texte. Oui, le maïs Mon 810 sera à nouveau cultivé, et il y a fort à parier que d'autres cultures OGM suivront.
 
On aura tout entendu ces derniers jours, autour de ce texte Borloo - NKM et du fameux coup de gueule de la secrétaire d'état, suite à l'amandement du député PCF André Chassaigne, et enfin hier, avec ce vote rocambolesque portant sur un point de procédure et que l'opposition a transformé en levier pour faire basculer à la renverse l'unité du groupe UMP. Car le rejet du projet de loi n'est au final motivé que par des manoeuvres politiques et une "faille de procédure".
 
Résultat, la commission mixte paritaire chargée de revoir le texte a, dès la fin de l'après-midi, remis le même texte, lançant un nouvel affront politique en pleine face de l'opposition. Laquelle opposition multiplie les recours pour remporter la bataille des OGM, derrière laquelle ce n'est pas Monsanto (n'en déplaise à MMR) mais le Président Sarkozy qui est visé.
 
Il n'y a donc plus de débat, d'intérêt public ou national, de réflexion bioéthique ou biotechnologique dans la tournure des événements. Et pourtant ! Nous avions eu avec Chassaigne une discussion fort intéressante, pourtant sur le point que "les OGM ne peuvent être cultivés, commercialisés ou utilisés que dans le respect de l'environnement et de la santé publique, des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales qualifiées +sans OGM+ et en toute transparence".
 
En effet Mr Chassaigne a tout à fait raison de préciser cela, et sur de nombreux points, il sera certainement rassuré, tout d'abord sur le fait que le maïs Bt est globalement plus respectueux de l'environnement et agronomiquement plus sûr que la culture intensive ou les semences modifiées par mutagénèse (méthode classique chez les semenciers). Ensuite, rappelons que les essais toxicologiques sérieusement menés ont tous permis de rejeter le risque direct sur le modèle animal (exemples ici, ou encore !). Enfin, concernant les filières de production, on s'interrogera sur l'utilisation du Bt comme agent biologique en norme AB. Mais Chassaigne a tout à fait raison de vouloir préserver - comme le fait le statut actuel - les filières avec et sans OGM, c'est je le rappelle même un des points du Grenelle de l'Environnement ! Il est cependant faux de traduire ses propos comme une volonté de refuser la cohabitation, bien au contraire. Ma lecture de l'amandement Chassaigne est justement d'appuyer sur le fait que la cohabitation est tout à fait possible, et qu'en la matière la France est le seul pays à le refuser ! (voir lettre info PGM pour les liens vers les colloques, rapports et fiches techniques de règles de cohabitation entre cultures OGM et non-OGM).
 
En conclusion, et puisque le débat français ne concerne que le maïs Bt, je constate qu'une fois de plus, les politiciens tentent d'enrayer le débat. Après l'échec du premier moratoire et le résultat désastreux (monopole de Monsanto, dégoût des bioentrepreneurs français ...), l'opposition cherche à politiser un débat technologique crucial pour notre agriculture. Encore du temps de gâché ... 
 
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08 mai 2008

La psycho-généalogie, pseudo-science à la mode

Vous ne vous sentez pas bien ? Le moral en baisse ? Un malaise profond ? Et si votre arrière-arrière grand père n'était pas responsable de vos malheurs ? Mais bien sûr ! Car n'oublions pas que, au-delà du patrimoine génétique, la psycho-généalogie nous explique que nos ancêtres nous transmettent leurs petits et grands maux.

Cette nouvelle pseudo-science est apparue voici près de 30 ans. Se réclamant de la psychologie, les psycho-généanologistes récupèrent les techniques de la psychothérapie pour appuyer un discours pseudo-scientifique, mélangeant spiritualisme, culte des ancêtres et ésotérisme. Claude Sabbah, grand défenseur de ces "médecines nouvelles", intègre cette pseudo-thérapie à la biologie totale. Pour expliquer la psycho-généalogie, il n'hésite pas à écrire que le traumatisme non résolu s’inscrit dans le « cycle biologique cellulaire », la mémoire « cellulaire », l'« holographique » et se transmet de génération en génération ! 

Cette psycho-croyance ne ferait aucun mal à personne si elle ne tentait pas, à l'occasion, de remplacer la médecine scientifique, et surtout lors de traitements les plus lourds. Car soyons francs. Prendre de l'homéopathie ou chercher les maux de ses ancêtres n'a que peu de bases rationnelles mais ne fait de tord à personne. Mais substituer des traitements anti-cancéreux ou anti-SIDA (par exemple) par ces pseudo-médecines devient de l'escroquerie et de la mise en danger d'autrui. Et cette dérive, dangereuse, est bien entendue traquée et trainée auprès des tribunaux, au non du faux exercice de la médecine.

Aussi ai-je été étonné de ne pas entendre sur Europe 1, lors de l'émission consacrée à la psycho-généalogie, d'avertissements sur les pseudo-sciences et les charlatans usant de cette branche ésotérique comme domaine médical ! A peine a-t-on entendu, du bout des lèvres, qu'une psychothérapie était requise ... Et bien entendu pouvant être pratiquée par un adepte de la psycho-généalogie ...

- Pour plus d'informations sur la biologie totale et la psycho-généalogie :

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article746 

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