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30 juin 2008

L’INRA met en avant l’agriculture raisonnée

ble_coucher_soleilflambee.jpgAprès 10 ans d’étude agronomique réalisée en plein champ, l’INRA vient de trancher entre agriculture intensive, agriculture biologique, agriculture « intégrée » et enfin de l’agriculture sans labours. Les résultats, rendus récemment publics, mettent en avant le modèle « intégré » ou pour mieux rejoindre les argumentaires de mon blog, un modèle d’agriculture raisonnée.

Quatre système d’agriculture, testés sur 8 hectares. 10 années de recherche, sur le modèle de rotation des cultures céréalières en Ile-de-France. Une agro-academy, et un seul gagnant au final, sans vote du public ni animateur-vedette. Bien sûr, cette étude reste limitée aux cultures présentes dans ce modèle-type choisi : blé, pois, colza. Mais elle permet de trancher à priori sur ces quatre modes de culture et mettent en avant l’idée d’une agriculture raisonnée, contrôlant les intrants (engrais, pesticides) au juste niveau utile.

Revenons plus en détails sur les résultats. L’agriculture biologique est particulièrement décevante, avec jusqu’à 50% de perte de rendement ! Le colza, décimé par les insectes, est éliminé de la compétition. L’agriculture sans travail du sol donne du bon comme du mauvais. Bien sûr, l’absence de travail du sol économise du carburant, et donc de l’énergie. Et l’impact sur l’environnement est très favorable. Mais les rendements sont variables, oscillant autour de 25% de baisse. Le sol s’en retrouve regénéré et sa qualité améliorée, mais sans d’effets bénéfiques sur les cultures ; ce résultat est à comparer avec cet autre billet montrant que la différence de rendement mesurée entre labour et non-labour n’est que de 4%. La méthode semble donc discutable.

Mais alors, qu’en est-il du modèle « raisonné » ? Dans cette étude, les agronomes de l’INRA estiment que les rendements, bien que baissant de 10%, ont permis de réduire la consommation énergétique de 30% et de modérer l’impact environnemental. L’équation semble bien plus équilibrée entre production, dépense énergétique et impact environnemental !

Certes, il manque le facteur économique et la spéculation autour des matières agricoles pour compléter ce billet. Evidemment, ce qui marche pour le blé, le pois et le colza en Ile-de-France ne marchera pas forcément sur le chou-fleur breton ou le manioc africain. Mais cette étude montre, grâce à ses dix ans d’investigation, tout l’intérêt d’une utilisation raisonnée des techniques agricoles à notre disposition, et non la focalisation sur une doctrine en particulier, qu’elle soit « bio » ou « agrochimique » !

 

Ces informations issues d’un article de Le Monde nécessitent une référence bibliographique plus sérieuse que je rajouterai au plus vite ; cependant je compte sur vous pour me l’indiquer si je ne la trouve pas à temps !

29 juin 2008

Plantes montagnardes et réchauffement climatique

047_alpes_vaud_ete.jpgSelon une étude publiée dans la revue Science, les écosystèmes forestiers montagnards sont en pleine modification, en raison du changement climatique. Ces travaux montrent que, sur 171 espèces suivies à partir de 90 ans de données, la majorité d’entre-elles ont gagné 29 m d’altitude. Un effet particulièrement pervers du réchauffement climatique, puisque les montagnes de l’Europe de l’Ouest (zone suivie par les chercheurs) sont des zones refuges pour toute une flore de type « arctique », échouée sur les montagnes à la fin de la période glaciaire.

Les Alpes et les Pyrénées sont donc de remarquables jardins botaniques, comme tous les amoureux de randonnées montagnardes le savent déjà. Mais cette diversité floristique pourrait bien être menacée à la longue par le réchauffement climatique, et la « remontée » des plantes de plaines. Je ne pense pas que les plantes situées aux étages alpins les plus hauts soient menacées, étant soumises à un stress bien trop intense pour ces concurrentes, mais je m’inquiète plus pour les espèces de moyenne montagne.

Le changement climatique a de nombreuses conséquences, encore mal évaluées par les spécialistes, faute de recul suffisant. Dans le cas des écosystèmes montagnards, des modifications biogéographiques de la flore présente se font déjà sentir. Reste à savoir si de telles évolutions ont déjà pu affecter des plantes montagnardes aussi sensibles et maintenir malgré tout le maintient des populations. Une telle question relève autant de l’environnement que de la génétique des populations !

24 juin 2008

Les OGM, l'Environnement et la Santé

Kuntz.jpgChose promise chose dûe. Je vous livre ici mon premier conseil de lecture "tout public" sur les OGM, avec un live signé de la plume de Marcel Kuntz, Directeur de Recherche au CNRS et enseignant à l'Université Joseph Fournier (Grenoble).
 
Cet ouvrage, répondant au titre de "Les OGM, l'Environnement et la Santé", est écrit avec beaucoup d'attention portée au citoyen, afin de l'éclairer sur ce débat fort préoccupant mais également lui donner les clés nécessaires à la compréhension des sciences agronomiques, des biotechnologies et des enjeux actuels autour des biotechnologies végétales.
 
J'ai particulièrement aimé le ton neutre, et surtout la volonté permanente de l'auteur cherchant à démêler, clarifier, reformuler la moindre notion difficile pour le péquin ordinaire. La taille modeste de cet ouvrage évite de le rendre également indigeste et facilite sa prise en main. Il devient d'ailleurs très utile de l'avoir sous la main lorsque l'actualité revient sur ces questions agronomiques !
 
Dernier argument ? Son prix : 7,50 euros. Très abordable (contrairement au livre de MMR ;) ).  
 
  • Broché: 128 pages
  • Editeur : Ellipses Marketing (20 avril 2006)
  • Collection : L'Esprit des Sciences
 

07 juin 2008

Un e-mail bien trop public

Samedi 6 Juin 2008. Toujours aucune nouvelle de Maître Bourdon au sujet de mon mail adressé à sa personne et que sa cliente, Marie-Monique Robin, avait cru bon de diffuser sur son blog - sans mon accord.

C'est donc un beau silence radio, qui me laisse songeur, mais pas désabusé, loin de là. A vrai dire, je ne m'attendais pas à une réponse de la part de l'avocat ni de l'intéressée. Si ces derniers sont très prompts à faire valoir leurs droits, ils ne semblent pas s'intéresser aux miens, simple petit bloggueur (donc quantité négligeable).

Quelques expériences amusantes en faisant valoir mes droits sur d'autres blogs. Ceux-là même qui applaudissaient la démarche de Maître Bourdon n'ont pas manqué de s'indigner de mes propres rappels à la loi. Ce qui marche pour défendre un camp n'est pas forcément efficace pour l'autre camp. Et dans ce débat subjectif sur les OGM, il semble que la loi ne soit estimée des anti-OGM que si elle les sert à bon escient.

Ainsi l'a-t-on vu cette semaine, les tribunaux ayant acquité des faucheurs, au mépris semble-t-il des mesures prises par le gouvernement au sujet du "délit de fauchage", ont été applaudis par les anti-OGM, ces même tribunaux qu'ils maudissaient lorsque leurs compagnons étaient condamnés.

C'est donc sur ce constat pour le moins misanthrope que je referme ce vaste dossier, et remercie une fois de plus MMR de ce formidable élan accordé à mon blog (de manière bien involontaire j'imagine !). Malgré la situation catastrophique des biotechnologies agricoles françaises, malgré une Commission européenne amorçant un tournant défavorable pour les OGM (depuis l'affaire Dimas), je continue à soutenir, coûte que coûte, ce formidable progrès technologique que sont les OGM, et ne manquerai pas de préciser aux rapporteurs de l'affaire MMR la différence entre correspondance publique et privée !

05 juin 2008

Le Grand Hamster d'Alsace sème la discorde

grand_hamster_alsace.jpgQuerelles européenns autour d'un rongeur alsacien. La Commission européenne juge les mesures de protection du Grand Hamster d'Alsace insuffisantes et pourrait bien porter l'affaire à Luxembourg si rien de nouveau n'est envisagé par la France d'ici 2 mois. Comment un rongeur peut-il nous attirer les foudres de la Commission ? Tout simplement en raison de son effroyable déclin ... Et d'une certaine dose de mauvaise volonté de nos élus !

Autrefois considéré comme nuisible par les agriculteurs alsaciens, le Grand hamster ou Hamster d'Europe (Cricetus cricetus) est protégé depuis 25 ans. Il fait partie de la peu glorieuse liste des "mammifères les plus menacés d'Europe". Et pour cause ! La chute dramatique du nombre de terriers en Alsace, de 1.167 en 2001 à 161 en 2007, suffit à se rendre compte de la situation.

Pire encore, les spécialistes estiment que le nombre de terriers ne dépasserait pas en réalité les 400 effectifs. Je dis pire, car malgré ce chiffre optimiste par rapport à 2007, la totalité de la population est bien inférieure aux 1500 individus nécessaires à son maintient. Conséquence, le Grand Hamster alsacien est clairement menacé d'être rayé de l'hexagone ...

En matière de protection de ce sympathique rongeur (non, ilne s'adopte pas, désolé !), on n'aura pas tout essayé. Loin de là, si l'on en croit les associations de protection de la nature alsacienne. La découverte de 40 à 60 terriers ne semble pas perturber les proches travaux de la la Voie rapide du piémont des Vosges. Mi-février, le plan présenté par le Ministère de l'Ecologie ne rassura pas pour autant la Commission, qui l'a jugé bien insuffisant, notamment au niveau de la gestion aménagée des cultures favorables à l'animal.

Résultat, une véritable course contre la montre s'engage entre l'Etat et les associations locales. Objectif : éviter le procès à Luxembourg, bien entendu ... 

 

04 juin 2008

Le Grenelle de l'Environnement vu par Christophe Barbier

Commentaire politique de Christophe Barbier le 24 octobre 2007 sur LCI.

 

 

Je ne commente pas volontairement, j'ai trouvé que ça changeait de l'éco-langue de bois habituelle ...

Transgéniques Bt et parasites d'insectes nuisibles : pas incompatible !

 Voici une nouvelle fort intéressante, concernant l'impact écologique des OGM de type Bt : des chercheurs de l'Université Cornell ont pu montrer que le Diadegma insulare, un insecte dit "parasitoïde" car venant pondre dans la chenille du papillon "diamant noir", n'est pas intoxiqué par la protéine Bt exprimée par les plantes transgéniques. Décryptage :

 D'un côté, la solution OGM. Et plus précisément les plantes produisant par génie génétique la protéine bt, cette fameuse protéine à l'origine fabriquée par une bactérie (Bacillus thuringiensis) et toxique à l'ingestion pour les insectes herbivores. Un moyen biotechnologique de lutter contre les insectes ravageurs des cultures.

De l'autre, la bioremédiation, ou lutte biologique contre les insectes ravageurs, s'appuyant sur le bon vieux schéma du parasitisme. On introduit en masse des insectes parasites (souvent des insectes pondant dans les larves ou les adultes nusibles, la nature est cruelle ...) pour réguler les populations de nuisibles.

Si l'on utilise les OGM, condamne-t-on la solution biologique ? Et pire encore, les parasitoïdes, régulateurs naturels des populations parasitées, sont-ils tout simplement menacés ? La question est cruciale, agronomiquement comme écologiquement.

C'est donc là tout l'intérêt de l'étude de l'Université de Cornell. En montrant l'absence de toxicité chez le parasitoïde, elle montre la possible cohabitation des deux techniques, et leur intérêt gagnant-gagnant. En effet, si la protéine Bt peut à la longue, comme tout traitement insecticide, induire des résistances chez ses cibles, il est indispensable d'avoir un contrôle supplémentaire. Et là où un insecticide non sélectif détruirait tout, les plantes Bt ne détruisent que les nuisibles, et non les parasitoïdes.

Un résultat qui fait échos aux autres données environnementales sur l'impact de la technologie Bt sur la biodiversité : en effet, s'il apparaît que l'impact des plantes Bt est moindre par rapport à l'agriculture conventionnelle, on sait désormais que ce cas de lutte biologique n'est pas incompatible, bien au contraire !  Un résultat à retenir, donc, et surtout à suivre avec d'autres modèles hôte-parasitoïde [1] pour plus d'informations agronomiques et biologiques !

[1] On parle plus précisément de modèle "hôte - parasite" pour les puristes ;)

Sources :  

Cornell University. "Transgenic Plants Don't Hurt Beneficial Bugs, Entomologists Find." ScienceDaily 4 June 2008. 4 June 2008 <http://www.sciencedaily.com­ /releases/2008/06/080603182545.htm>. 


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Image : la chenille et son parasitoïde ! 

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