02 juillet 2008

Ibis sacré : oui l'abattage est nécessaire !

Depuis qu'a lieu la campagne de réduction des populations d'Ibis sacré, oiseau invasif introduit par l'Homme dans l'ouest de la France et région PACA voilà plus de 30 ans, une association milite contre cette nécessaire mesure de gestion.

L'Ibis sacré a beau être un magnifique oiseau, appartenant à la symbolique égyptienne, il n'en reste pas moins une véritable peste. Omnivore, il s'attaque aux nids de sternes et de guiffettes, fragilisant ces oiseaux déjà menacés. Son expansion est devenue exponentielle depuis quelques années, et des milliers d'oiseaux séjournent ainsi dans les zones humides de Vendée et de Loire-Atlantique.

D'après le "Collectif pour la protection de l'ibis sacré de Bretagne", cet oiseau ne serait pas invasif (!) et ne ferait pas de mal à une mouche (!). D'ailleurs, c'est prouvé scientifiquement, puisqu'aucune étude ne justifie leur destruction. Encore plus fort : on peut lire sur leurs tracts que l'Ibis sacré est un oiseau bien connu de Bretagne ! Pour un introduit des années 70, c'est tout de même fort !

En cette période de vacances, beaucoup d'entre-vous allez arpenter la côte Atlantique, du Morbihan à la Vendée. Il est fort probable que cette association, qui se dit si bien connaître la nature et les oiseaux (surtout les oiseaux autochtones, hein ...) distribue quelques tracts et appels à pétitions, notamment au niveau des sites naturels.

N'écoutez pas ces personnes, dont le discours ne s'appuie sur aucun argumentaire scientifique ni connaissance de l'avifaune ! Oui, l'Ibis sacré est un omnivore pouvant parasiter, voire prédater d'autres oiseaux :

- VASLIN M. (2005) Prédation de l’Ibis sacré Threskiornis aethiopicus sur des colonies de sternes et de guifettes. Ornithos, vol. 12-2, p. 106-109.

Oui, l'Ibis sacré est en expansion ! En Méditerranée française comme dans le grand ouest. La situation devient particulièrement préoccupante, la population ayant quasiment doublé en deux ans !

- L’Ibis sacré (Threskiornis aethiopicus) menace l’avifaune française. SpectroSciences http://www.spectrosciences.com/spip.php?article2 .

Non, ces campagnes d'abattage ne sont pas illégales ou interdites par la Convention de Berne. L’ibis a été classé en 2005 par l’ONCFS et l’Inra comme "espèce exotique envahissante" potentiellement dangereuse pour la biodiversité. De plus, cette mesure s'appuie juridiquement sur la Convention sur la diversité biologique de juin 1992 et la Convention de Berne de 1979 relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe. Le Conseil national de la protection de la nature a donné un avis favorable.

Si l'on ne peut que déplorer que cet oiseau fasse les frais d'une ingérence humaine (un lâcher dans le Sud et à Branféré pour le seul "plaisir des yeux", sans aucun recul sur l'introduction d'espèces sauvages), il est indispensable d'agir, et au plus vite, pour éradiquer les populations françaises de cet oiseau ! N'oublions pas qu'aujourd'hui, l'introduction d'espèces exotiques est la deuxième cause de disparition de la Biodiversité. A méditer, chers "amis de l'Ibis" ...

30 juin 2008

L’INRA met en avant l’agriculture raisonnée

ble_coucher_soleilflambee.jpgAprès 10 ans d’étude agronomique réalisée en plein champ, l’INRA vient de trancher entre agriculture intensive, agriculture biologique, agriculture « intégrée » et enfin de l’agriculture sans labours. Les résultats, rendus récemment publics, mettent en avant le modèle « intégré » ou pour mieux rejoindre les argumentaires de mon blog, un modèle d’agriculture raisonnée.

Quatre système d’agriculture, testés sur 8 hectares. 10 années de recherche, sur le modèle de rotation des cultures céréalières en Ile-de-France. Une agro-academy, et un seul gagnant au final, sans vote du public ni animateur-vedette. Bien sûr, cette étude reste limitée aux cultures présentes dans ce modèle-type choisi : blé, pois, colza. Mais elle permet de trancher à priori sur ces quatre modes de culture et mettent en avant l’idée d’une agriculture raisonnée, contrôlant les intrants (engrais, pesticides) au juste niveau utile.

Revenons plus en détails sur les résultats. L’agriculture biologique est particulièrement décevante, avec jusqu’à 50% de perte de rendement ! Le colza, décimé par les insectes, est éliminé de la compétition. L’agriculture sans travail du sol donne du bon comme du mauvais. Bien sûr, l’absence de travail du sol économise du carburant, et donc de l’énergie. Et l’impact sur l’environnement est très favorable. Mais les rendements sont variables, oscillant autour de 25% de baisse. Le sol s’en retrouve regénéré et sa qualité améliorée, mais sans d’effets bénéfiques sur les cultures ; ce résultat est à comparer avec cet autre billet montrant que la différence de rendement mesurée entre labour et non-labour n’est que de 4%. La méthode semble donc discutable.

Mais alors, qu’en est-il du modèle « raisonné » ? Dans cette étude, les agronomes de l’INRA estiment que les rendements, bien que baissant de 10%, ont permis de réduire la consommation énergétique de 30% et de modérer l’impact environnemental. L’équation semble bien plus équilibrée entre production, dépense énergétique et impact environnemental !

Certes, il manque le facteur économique et la spéculation autour des matières agricoles pour compléter ce billet. Evidemment, ce qui marche pour le blé, le pois et le colza en Ile-de-France ne marchera pas forcément sur le chou-fleur breton ou le manioc africain. Mais cette étude montre, grâce à ses dix ans d’investigation, tout l’intérêt d’une utilisation raisonnée des techniques agricoles à notre disposition, et non la focalisation sur une doctrine en particulier, qu’elle soit « bio » ou « agrochimique » !

 

Ces informations issues d’un article de Le Monde nécessitent une référence bibliographique plus sérieuse que je rajouterai au plus vite ; cependant je compte sur vous pour me l’indiquer si je ne la trouve pas à temps !

29 juin 2008

Plantes montagnardes et réchauffement climatique

047_alpes_vaud_ete.jpgSelon une étude publiée dans la revue Science, les écosystèmes forestiers montagnards sont en pleine modification, en raison du changement climatique. Ces travaux montrent que, sur 171 espèces suivies à partir de 90 ans de données, la majorité d’entre-elles ont gagné 29 m d’altitude. Un effet particulièrement pervers du réchauffement climatique, puisque les montagnes de l’Europe de l’Ouest (zone suivie par les chercheurs) sont des zones refuges pour toute une flore de type « arctique », échouée sur les montagnes à la fin de la période glaciaire.

Les Alpes et les Pyrénées sont donc de remarquables jardins botaniques, comme tous les amoureux de randonnées montagnardes le savent déjà. Mais cette diversité floristique pourrait bien être menacée à la longue par le réchauffement climatique, et la « remontée » des plantes de plaines. Je ne pense pas que les plantes situées aux étages alpins les plus hauts soient menacées, étant soumises à un stress bien trop intense pour ces concurrentes, mais je m’inquiète plus pour les espèces de moyenne montagne.

Le changement climatique a de nombreuses conséquences, encore mal évaluées par les spécialistes, faute de recul suffisant. Dans le cas des écosystèmes montagnards, des modifications biogéographiques de la flore présente se font déjà sentir. Reste à savoir si de telles évolutions ont déjà pu affecter des plantes montagnardes aussi sensibles et maintenir malgré tout le maintient des populations. Une telle question relève autant de l’environnement que de la génétique des populations !

07 juin 2008

Un e-mail bien trop public

Samedi 6 Juin 2008. Toujours aucune nouvelle de Maître Bourdon au sujet de mon mail adressé à sa personne et que sa cliente, Marie-Monique Robin, avait cru bon de diffuser sur son blog - sans mon accord.

C'est donc un beau silence radio, qui me laisse songeur, mais pas désabusé, loin de là. A vrai dire, je ne m'attendais pas à une réponse de la part de l'avocat ni de l'intéressée. Si ces derniers sont très prompts à faire valoir leurs droits, ils ne semblent pas s'intéresser aux miens, simple petit bloggueur (donc quantité négligeable).

Quelques expériences amusantes en faisant valoir mes droits sur d'autres blogs. Ceux-là même qui applaudissaient la démarche de Maître Bourdon n'ont pas manqué de s'indigner de mes propres rappels à la loi. Ce qui marche pour défendre un camp n'est pas forcément efficace pour l'autre camp. Et dans ce débat subjectif sur les OGM, il semble que la loi ne soit estimée des anti-OGM que si elle les sert à bon escient.

Ainsi l'a-t-on vu cette semaine, les tribunaux ayant acquité des faucheurs, au mépris semble-t-il des mesures prises par le gouvernement au sujet du "délit de fauchage", ont été applaudis par les anti-OGM, ces même tribunaux qu'ils maudissaient lorsque leurs compagnons étaient condamnés.

C'est donc sur ce constat pour le moins misanthrope que je referme ce vaste dossier, et remercie une fois de plus MMR de ce formidable élan accordé à mon blog (de manière bien involontaire j'imagine !). Malgré la situation catastrophique des biotechnologies agricoles françaises, malgré une Commission européenne amorçant un tournant défavorable pour les OGM (depuis l'affaire Dimas), je continue à soutenir, coûte que coûte, ce formidable progrès technologique que sont les OGM, et ne manquerai pas de préciser aux rapporteurs de l'affaire MMR la différence entre correspondance publique et privée !

05 juin 2008

Le Grand Hamster d'Alsace sème la discorde

grand_hamster_alsace.jpgQuerelles européenns autour d'un rongeur alsacien. La Commission européenne juge les mesures de protection du Grand Hamster d'Alsace insuffisantes et pourrait bien porter l'affaire à Luxembourg si rien de nouveau n'est envisagé par la France d'ici 2 mois. Comment un rongeur peut-il nous attirer les foudres de la Commission ? Tout simplement en raison de son effroyable déclin ... Et d'une certaine dose de mauvaise volonté de nos élus !

Autrefois considéré comme nuisible par les agriculteurs alsaciens, le Grand hamster ou Hamster d'Europe (Cricetus cricetus) est protégé depuis 25 ans. Il fait partie de la peu glorieuse liste des "mammifères les plus menacés d'Europe". Et pour cause ! La chute dramatique du nombre de terriers en Alsace, de 1.167 en 2001 à 161 en 2007, suffit à se rendre compte de la situation.

Pire encore, les spécialistes estiment que le nombre de terriers ne dépasserait pas en réalité les 400 effectifs. Je dis pire, car malgré ce chiffre optimiste par rapport à 2007, la totalité de la population est bien inférieure aux 1500 individus nécessaires à son maintient. Conséquence, le Grand Hamster alsacien est clairement menacé d'être rayé de l'hexagone ...

En matière de protection de ce sympathique rongeur (non, ilne s'adopte pas, désolé !), on n'aura pas tout essayé. Loin de là, si l'on en croit les associations de protection de la nature alsacienne. La découverte de 40 à 60 terriers ne semble pas perturber les proches travaux de la la Voie rapide du piémont des Vosges. Mi-février, le plan présenté par le Ministère de l'Ecologie ne rassura pas pour autant la Commission, qui l'a jugé bien insuffisant, notamment au niveau de la gestion aménagée des cultures favorables à l'animal.

Résultat, une véritable course contre la montre s'engage entre l'Etat et les associations locales. Objectif : éviter le procès à Luxembourg, bien entendu ... 

 

29 mars 2008

Où l'on reparle des agrocarburants

L'image des biocarburants a subit un sérieux revers ces 10 derniers mois, après les critiques lancées sur le journal Science l'été dernier. Cette filière, représentée comme une solution alternative et renouvelable face au pétrole, a tout d'abord connu de larges critiques sur sa faisabilité (l'étendue des surfaces cultivables permettant un remplacement total et national du pétrole étant supérieur à la superficie de la France), avant d'être attaquée par Science sur ses impacts environnementaux. En effet, il n'échappe désormais plus à grand monde que ces cultures accaparent de larges superficies, au détriment d'espaces naturels (déforestation par exemple) et de surfaces cultivées pour l'alimentation (les agrocarburants affameront-ils le tiers-monde ?).

Mais la critique ne s'arrête pas là. Afin d'assurer de bons rendements favorables à la filière "biocarburants", ces cultures seront gourmandes en pesticides, un comble pour une énergie dite renouvelable ! De plus, si l'on en croit Jonathan Gressel dans son article publié dans Plant Science, les OGM seront également incontournables de ces filières.

Tout dépendra bien sûr du type d'OGM. Si l'on imagine des oléagineux encore plus résistants au rundup par exemple, inutile de souligner le cercle vicieux de ces agrocarburants qui mériteront leur surnom de "nécrocarburant". Mais en s'intéressant aux nouvelles générations de biocarburants, on peut imaginer des stratégies d'insertion de transgènes conférant des fonctions fines, et modifiant la production souhaitée. Pourquoi pas même imaginer des plantes GM produisant du bio-hydrogène ! Seul problème, le prix de telles semences, et surtout leur rendement en champ. Ces plantes technologiquement "de luxe" seront-elles aussi résistantes que leurs cousines agronomiquement plus classiques ? Difficile de répondre à toutes ces questions, qui donnent plus d'espoir aux biocarburants issus de cultures en bioréacteurs clos qu'en plein champ !

24 février 2008

Salon de l'Agriculture 2008

Samedi 23 février. Ouverture du Salon de l'Agriculture 2008. Ouest-France dresse une liste fort pertinente des questions pièges auxquelles devra répondre Nicolas Sarkozy durant les jours à venir. 

- Que deviendront, après 2013, les aides publiques à l'agriculture et quel avenir pour la PAC ?

- Qu'impliquera, pour les agriculteurs, le Grenelle de l'environnement ?

- Les paysans pourront-ils toujours compter sur le progrès technique ?

- Le droit des relations avec les grandes surfaces sonnera-t-elle le glas des petits producteurs ?

- Les éleveurs sont-ils condamnés à être en crise permanente en raison des prix élevés des céréales ?

 

Mais bon ! Tout ceci n'a que peu d'intérêt vu que la principale leçon du Salon de l'Agriculture restera cette vidéo. Si notre Président nous montre l'exemple du débat constructif, je ne vais pas tarder à publier sur ce blog mon magnifique logo "OGM j'en veux !", lui aussi provoque, mais garanti sans "pauvre con" (AOC).

 

 

  

 

21 février 2008

OGM : ce mystérieux rapport de l'ONU

Europe 1 en faisait son actualité principale la semaine dernière : un pré-rapport de l'ONU, rédigé par 4000 scientifiques, meten doûte l'efficacité des OGM. Bien que devant encore être discuté en réunion plénière à l'ONU, les les semenciers et spécialistes du secteur des biotechnologies comme Monsanto, Syngenta et BASF ont d'ores et déjà quitté le groupe de travail en signe de protestations. Mais que contient ce fameux pré-rapport ?
 
Ma première réaction fut de rechercher ce fameux document. Problème, je tombe de manière récurrante sur un communiqué des "Amis de la Terre", ONG ayant depuis longtemps choisi le camp de l'idéologie au détriment de la réflexion scientifique. Chose particulièrement inquiétante, l'ONU ne communiquait pas là-dessus (google actus). Aucune nouvelle provenant de flux d'information sérieux sur les biotechnologies végétales comme Info PGM ...
 
Alors quoi ? D'où vient ce fameux rapport ?
 
" Peut-on promouvoir un développement durable et équitable grâce à l'accès, l'utilisation et la production de savoirs, de sciences et de technologies agricoles ? la réponse est non . "
 
On ne peut pas faire plus obscurantiste. Concrètement, lue dans l'article d'Europe 1, cette phrase ne laisse alors la place qu'au savoir "subjectif" et "para-scientifique" : l'agriculture bio-dynamique la plus radicale, peut-être. Non pas cette agriculture qui entend jouer sur les SDN (substances naturelles de défense), ni celle qui souhaite aider à partir de ses astuces traditionnelles la recherche en biologie végétale en lui donnant de nouvelles pistes d'investigation, non plus. 
 
Non, nous sommes clairement dans l'optique du sondage lancé par la revue "L'écologiste" , militant contre toute recherche en biotechnologie végétale, qu'elle porte sur les risques comme leur développement. "Ce que l'on ne veut pas comprendre, il faut l'interdire", tel est le sloggan sous-jacent de ces tristes initiatives.
 
Bien entendu, les arguments cités dans ces nouveaux rapports font la part belle aux vieilles rangaines sur les OGM. "Ils ne nourrissent pas la Planète". Non, bien entendu. Quand arrêteront-ils de se borner à cette mauvaise communication de Monsanto ? Personne n'y croit, à part quelques rares pro-OGM peu objectifs. "Les OGM consomment plus de pesticides". Ha ! Le bel argument mélangeant tout. Il faudrait écrire "Les OGM de type Rundup Resistant, qui représentent plus de 60% des cultures OGM mondiales, sont conçus pour utiliser plus de pesticides". Alors que la technologie OGM permet d'envisager diverses stratégies pour l'agriculture, et non faire que du RR ou du Bt - le même Bt, largement critiqué également par ces rapports, qui n'hésitent pas à passer outre les rapports agricoles indiens, bien entendu, pour relancer sur le suicide des agriculteurs; image forte, n'est-ce pas, mais au combien injustement reliée aux seuls OGM Bt, comme je le développais dernièrement.
 
Avec cette rumeur de rapport, ce document des Amis de la Terre et l'absence (au 20/02/08) de ressources officielles (est-ce parce qu'il s'agit d'un pré-rapport à soumettre à l'ONU ?), nous n'apprenons pas grand chose de nouveau, si ce n'est que les AdT et Greenpeace sont anti-OGM (sans déconner ?) et que les entreprises de biotechs ne sont pas prêtes de nuancer leurs communications (toujours à fond sur les OGM RR, grosse vente ...). Au final, encore un débat raté sur les OGMs, cela devient une habitude française ...  

16 février 2008

Les saumons d'élevage dangereux pour leurs congénères sauvages

Il y a quelques temps de cela, je rédigeais un billet sur les dangers de l'aquaculture en cages en milieu ouvert, et Timothée me complétait avec un très bon billet sur le sujet sur son blog.

Il faut croire que l'actualité scientifique a confirmé ses craintes autour des parasites et pathogènes charriés par les poissons d'élevage, puisqu'un article paru dans PloS Biology montre comment, avec cette seule menace, les saumons d'élevage font perdre 50 et 73% d'espérance de survie à leurs congénères sauvages !

Relatant cette histoire dans les colonnes de Spectrosciences, il ne manque pas de faire écho à mon billet sur l'aquaculture et l'environnement dans les commentaires de son actualité (merci !). Encore une fois, ces données ne manquent pas de faire souligner nos critiques scientifiques sur les élevages de poisson en milieu ouvert, pourtant indiqués comme solution contre la surpêche. La situation est loin d'être aussi simple que ce que la FAO voudrait le montrer !

08 février 2008

La pratique du non-labour fait des émules

ce632e3bae165f00d0d82e359dd8d35d.jpgC'est une petite révolution dans le monde agricole : le labour, image d'Epinal du cultivateur sur son tracteur, est une pratique de moins en moins pratiqué ! Longtemps considérée comme incontournable pour lutter contre les parasites et mauvaises herbes (plantes adventices), la pratique du labour est désormais détrônée par le passéisme en la matière. Une innovation simple, mais qui porte ses fruits, comme le révèle une étude agronomique.
 
Cette évolution concerne l'ensemble des cultures, mais plus particulièrement le blé tendre, où le non-labour est passé en cinq ans de 25 % des surfaces à 44 %. Avec respectivement 47 % et 28 %, le colza et l'orge sont aussi très concernés par cette évolution. Les grandes exploitations sont celles qui délaissent le plus le labour. Pour le blé tendre, celles de moins de 50 hectares sont 29 % à ne plus le pratiquer, contre 74 % pour les plus de 400 hectares. Les avantages sont multiples : gain de temps, baisse des frais de carburant pour les engins agricoles, meilleure protection des sols (cela fera plaisir à Mr. Bourguignon ;) ) ... "Non seulement le risque diminue dans les sols en pente, mais le non-labour protège aussi de l'érosion pluviale grâce aux résidus de culture laissés sur place" souligne l'étude.
 
Mais le tableau n'est pas totalement élogieux. Les plantes adventices se propagent plus facilement dans les champs, et leur retour force certains agriculteurs à augmenter leurs pulvérisations de pesticides. En 2006, pour le blé tendre, l'agriculteur a, en moyenne, pratiqué 1,7 traitement sur une parcelle non labourée, contre 1,4 sur une parcelle labourée. Pourtant, des solutions alternatives existent, comme le desherbage mécanique. A l'inverse, une mauvaise solution serait le recours aux OGM de type RR (Rundup Ready), qui favoriseraient une tendance au sur-traitement, et nuiraient ainsi durablement la qualité biologique du sol et du bassin versant. Un exemple typique de mauvaise utilisation d'une solution OGM qu'il est important de souligner. Non, dans ce type de situation, une meilleure rotation des cultures, cassant le cycle biologique des mauvaises herbes, est à précauniser. L'écart de rendement entre labour et non-labour est faible, 4% seulement, Le recours au non-labour n'est pas définitif, et nécessite un effort d'accompagnement afin de soutenir le rendement et lutter alternativement contre les adventices. C'est là que l'agronome doit pouvoir conseiller localement, au cas par cas, l'agriculteur, et travailler de concert. Ce sont eux, le moteur d'une agriculture raisonnée et scientifique !

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