26 octobre 2007
Ecolo Sarko
20:35 Publié dans Grenelle | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Grenelle, Sarkozy, ONG, Borloo, OGM
25 octobre 2007
OGM et Grenelle
Pour ma première réaction aux conclusions du Grenelle, j’aimerais revenir sur les pesticides. En effet, les participants au Grenelle ont approuvé l’idée de « réduire de moitié en dix ans la fréquence de traitement des pesticides ». D’abord sceptique face à un pourcentage aussi fort, je serais plus chiche dans cette note. 50% en 10 ans, pourquoi pas ?
Le point le plus rassurant dans cette annonce reste la volonté unanime d’encadrer et de former l’agriculteur ; et donc de le sensibiliser à des méthodes alternatives aux pesticides. Je regretterai cependant que la part consommée par les particuliers n’ait pas été avancée dans l’annonce (il s’agit là d’une consommation facultative qu’il faudrait décourager) et que les techniques alternatives ne soient pas plus développées par la presse nationale.
D’ailleurs, ces fameuses techniques alternatives, ne sont-elles pas également au cœur d’une polémique actuelle ? Je ne parle pas de l’agriculture raisonnée, de la lutte biologique ou des stimulateurs de défense naturelle, mais des cultures OGM. Eh oui, le maïs Bt, pour ne citer que lui, est une alternative aux insecticides chimiques. En produisant une protéine toxique [1] pour les insectes ravageurs, que fait-on de radicalement différent par rapport à l’agriculture biologique ? Pas une si grande différence, en définitive, puisque les normes AB autorisent les pulvérisations d’extraits Bt contre les insectes ravageurs. La différence provient donc dans le fait que la plante transgénique exprime en permanence l’insecticide. Est-ce un mal ? Pas sûr. Car une pulvérisation occasionnelle a plus de risques d’induire des résistances chez les insectes qu’une production permanente chez la plante OGM.
Pour conclure cette note, je souhaiterais donc encourager cette prise de position et laisser une chance de transformer l’essai. Mais je reste cependant critique à la lecture d’autres bruits de couloir, concernant notamment un moratoire sur les OGM. Peut-on réduire les pesticides chimiques d’un côté et écarter des solutions alternatives de l’autre ? Une question de fond à ce Grenelle, me semble-t-il.

13:45 Publié dans Grenelle | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : OGM, grenelle, science
24 octobre 2007
La fin du Grenelle est proche
Nous y voilà donc. Mercredi et Jeudi, la table-ronde finale du Grenelle de l'environnement réunira les représentants des cinq collèges engagés dans l'aventure : l'Etat, les collectivités locales, les organisations non gouvernementales écologistes, le patronat et les syndicats.
Naturellement, ce grand debriefing sera l'occasion d'une nouvelle série de notes sur le Grenelle. J'avoue que ce fil conducteur aura été parfait pour démarrer ce blog, et bon nombre de vos commentaires m'ont inspiré de nouvelles notes pour les semaines à venir !
Il ne reste plus qu'à attendre cette fin de semaine. Beaucoup de bruits de couloir circulent en ce moment, comme le possible Moratoire sur les OGM en attendant une Loi en mars prochain. Des décisions sont attendues, et bon nombre de débats naîtront de ces prises de parti du gouvernement. A suivre donc, dès demain !

12:30 Publié dans Grenelle | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Grenelle
23 octobre 2007
Pourquoi je n'éteindrai pas 5 minutes ma lumière ce soir
Vous n'y avez certainement pas échappé ! A l'appel du collectif "L'Alliance pour la Planète", regroupant divers organismes et ONG écologistes, vous êtes invités à éteindre vos lumières pendant 5 minutes, ce soir. Pour ma part, je ne participerai pas à ce mouvement, et dans un élan de contre-manifestation, j'allumerai toutes les ampoules basses consommation de mon appartement en même temps.
Pourquoi prendre le contre-pied de ce mouvement ? Tout simplement, parce que sous ses aspects de lutte contre le gaspillage énergétique, ce mouvement est avant tout un référendum national portant non pas sur la question de la production électrique, mais sur le plébiscite publique de mouvements écologiques parfois radicaux, regroupés sous cette Alliance pour la Planète.
Parmi les différentes coupures de presse que j'ai pu recueillir ce matin, j'y lis avant tout leur volonté de peser sur les décisions du Grenelle de l'Environnement : "Cette manifestation est l'occasion de montrer la conviction écologique des Français.". But premier de l'opération : la lutte contre les ampoules à incandescence. L'Alliance appelle également les Français à "changer au moins une ampoule à incandescence par une ampoule à basse consommation". Mais cette mesure est bien en-deça de ce que propose justement le Grenelle ! Alors quid de la pression sur ce même Grenelle ? Il faut chercher plus loin, dans un article paru dans France-Matin, pour avoir quelques éléments de réponse plus pertinents :
« Par cette mobilisation, les Français peuvent aussi envoyer un message citoyen fort aux participants au Grenelle, et particulièrement au Président de la République et au gouvernement : les solutions existent, elles passent par des ruptures sur le nucléaire, l'incinération, les autoroutes et les OGM ! ». Cette déclaration a été faite par Yannick Jadot, directeur des campagnes de campagnes de Greenpeace France et porte-parole de l'Alliance. Elle résume à elle seule le message principal de cette campagne de coupure de courant. Un non pur et dur contre tout un ensemble de technologies honnies par ces organismes radicaux.
En coupant vos lumière ce soir, vous ne ferez pas qu'envoyer un message fort sur le Grenelle. Vous montrerez votre sympathie pour toute une cause obscurantiste, cherchant à rejeter la technologie au nom de la Nature. Ce n'est pas un acte de raison, mais d'allégeance à une branche particulièrement dangereuse de l'écologisme.
N'oublions pas cependant de minimiser l'importance de l'événement, très médiatique. En février dernier, le "succès" n'avait été que d'une baisse de 1% de la consommation nationale. Soit 3 millions de ménages sur les 26 millions que recense l'INSEE. Comprenez bien que mon discours une nouvelle fois. Je ne cherche pas à ruiner toute cause écologique. Mais face à de telles manifestations, voulant ruiner toute discussion pour ne s'inscrire que dans des actions polémiques et radicales, je m'inquiète fortement de l'état du débat écologique en France aujourd'hui.
09:35 Publié dans Blog, Grenelle | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Electricité, Alliance pour la Planète
04 octobre 2007
Emballages et déchets
Une petite note rapide, étant indisponible quelques jours. Dans leurs commentaires, plusieurs lecteurs me faisaient part de leurs inquiétudes face au sur-emballage (packaging en marketing). L'atelier "Déchets" du Grenelle apporte un début de réponse à ce sujet, en proposant de désavantager la mise sur le marché de produits générateurs d'une masse importante de déchets.

00:18 Publié dans Grenelle | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : déchets, grenelle
03 octobre 2007
Une croissance écologique
Mon précédent billet sur la décroissance vous a paru peut-être incomplet dans sa critique, et pour cause. Il n'a pour objectif que d'introduire cette nouvelle note, consacrée au Groupe 6 du Grenelle de l'Environnement. Souhaitant différencier décroissance et développement durable, la lecture de la synthèse des mesures et propositions de ce groupe, visant à promouvoir des modes de développement écologiques favorables à la compétitivité et à l'emploi, m'a donc en grande partie séduit.
Ma plus grande crainte concernant le Grenelle reste l'engagement vers une politique de décroissance économique. Or, en introduction de ce document, j'y lis : " les propositions examinées par le groupe et présentées dans le rapport ci-joint s’appuient sur une double conviction : la conviction qu’il est possible d’intégrer environnement, développement économique et progrès social, la conviction aussi que cette intégration passe par une réorientation profonde de nos modes de production et de consommation, du fait de l’ampleur et de la gravité des déséquilibres écologiques actuels ".
Une croissance écologique répond totalement à mes attentes: allier environnement, progrès social et économique me semblent tout à fait réalisables. L'environnement est déjà un argument marketing fort. Encore faut-il l'utiliser raisonnablement afin que le produit puisse cumuler à la fois label environnemental et attrait auprès du consommateur. En d'autres termes, on peut faire des produits éco-responsables sans forcer les gens à acheter du "labellisé bio". Favoriser la traçabilité et l'étiquetage du produit afin d'informer le consommateur, et le rendre acteur de la consommation, est un point également mis en avant par le Groupe 6.
Les choses se dégradent pourtant, en abordant la question du transport et de la consommation. Le Groupe 1 proposait déjà de sanctionner les automobilistes avec l'étonnante proposition d'une baisse de 10 km/h sur les routes et autoroutes. Depuis, différentes plumes ont critiqué cette mesure en rappelant que passer à 80 km/h sur les routes par exemple aurait l'effet pervers de forcer au sous-régime des moteurs (et donc de polluer ...). La pression sur l'automobiliste continue, avec une éco-pastille basée sur la consommation de CO2 et la mise en place d'un bonus/malus. Les routiers devraient quant à eux payer un nouveau péage sur les routes. Je ne suis pas convaincu, une fois de plus, que l'incitation au changement par la taxation et l'interdiction soient des mesures convaincantes pour changer les mentalités. Convaincre, oui ; obliger par la menace de la sanction, non. Comment feront d'ailleurs les foyers à faible pouvoir d'achat, qui ne pourront pas s'acheter le must en matière de technologie automobile non polluante, mais qui auront besoin d'une voiture tout de même ? Payeront-ils des malus ? Cela me rappelle à nouveau cette parodie de Groland ...
00:30 Publié dans Grenelle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : économie, développement durable, croissance, écologie
02 octobre 2007
Construire une démocratie écologique ?
Que cherchent donc à définir les participants du Groupe 5 derrière cette notion de démocratie écologique ? j'y ai pour ma part retenu la phrase suivante : combiner démocratie participative et démocratie représentative.
En quatre points, le Groupe 5 propose :
- La reconnaissance des partenaires environnementaux : la création d'un statut particulier pour ces "acteurs légitimes". Il faudra être particulièrement vigilant sur la définition du partenaire environnemental, vu l'importance qu'il pourrait être donné à l'organisation ainsi décorée.
- Une stratégie nationale de développement durable, approuvée par le Parlement.
- Des décisions publiques construites dans la transparence. (c'est une promesse électorale ?)
- Une gouvernance d'entreprises, qui flirte entre groupes consultatifs et éco-muselière pour les entreprises.
La démocratie participative est clairement désirée par le Groupe 5. Une idée à double tranchant. L'utopie de la participation directe du citoyen aux affaires de l'Etat ne date pas d'hier. Elle fait rêver à l'épanouissement d'une démocratie parfaite éclose sous les rayons bienfaiteurs du citoyen éclairé. Je ne le cacherai pas, j'ai moi aussi rêvé d'une telle démocratie directe.

Mais ! Le citoyen est-il cet être raisonnable, richement instruit et cultivé, capable de discernement et de compréhension des enjeux se cachant derrière chaque décision ? La République remplit-elle bien son devoir de formation du citoyen ? Il y a quelque chose d'étrange, dans une société basée sur une démocratie représentative, à considérer la fameuse "France d'en bas" de Raffarin comme soudainement formidablement experte en environnement. Que nous vaut soudain ce changement d'opinion ?
De plus, le choix politique d'une démocratie participative sous-entend une démission, même partielle, de nos décideurs. Certains me répondront avec ironie que certains décideurs ont déjà virtuellement démissionné. Ils n'auront pas tord. Mais le citoyen n'aura pas pour autant l'occasion de remplacer les décideurs défaillants et de faire peser la valeur de sa propre voix. Déjà, de nouveaux chefs attendent avec impatience de remplir ce rôle. Ceux-là même parfois, qui appellent à corps et à cri à l'instauration de cette démocratie participative.
Et parmi eux, des leaders écolos attendent l'heure venue d'embrigader sous leur bannière verte le plus grand nombre de citoyens décideurs. Chacun s'intéresse à l'environnement à son niveau, c'est indéniable. Mais quiconque n'en est pas forcément expert, et attend, en toute bonne foi, de s'en remettre à un spécialiste. C'est là tout le piège de la démocratie participative, qui ne fera que se transformer en une démocratie représentative déguisée. L'échec est dans l'oeuf.
Paradoxe, le même débat existe dans le monde scientifique. En 2006, le site Spectrosciences relayait un communiqué d'alarme sur les dangers d'une démocratie participative dans le domaine de la recherche publique. Aujourd'hui, les inquiétudes soulevées restent les mêmes. Quels garde-fous seront dressés lors de la construction de cette éco-démocratie participative ? En aurons-nous des garanties d'objectivité ? La menace me semble réelle, le débat particulièrement crucial.
00:35 Publié dans Grenelle | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : grenelle, démocratie, écologie
30 septembre 2007
Le Grenelle de l'agriculture et de l'environnement
Les propositions adoptées par le Groupe 4 se sont fortement focalisées sur la production agro-alimentaire. Les autres "modes de production et de consommation durables" sont donc passé à la trappe. Peut-être qu'un autre inter-groupe "Agriculture" aurait été le bienvenu.
Autre couac du Groupe 4 : les agrocarburants. Malgré leur récente mise en accusation, les experts du groupe n'ont pu se mettre d'accord sur la question, comme en témoigne cette déclaration :
" Enfin, en ce qui concerne les agro/bio-carburants, le groupe constate un large désaccord quant à l’appréciation du bilan écologique, positif sous conditions pour certains et négatif dans tous les cas pour d’autre. Le groupe préconise ainsi de réaliser sous 18 mois de façon contradictoire, sous l’égide de l’ADEME, un écobilan complet de la filière, prenant en compte l’ensemble des facteurs et incidences non seulement sur le territoire national, mais aussi à l’échelle mondiale."
Quel dommage, demander un Moratoire (terme à la mode) sur les agrocarburants aurait été une décision courageuse ! Nous sommes passés à côté d'une réelle concertation sur le sujet.
Sur le plan de la qualité de l'eau, on y retrouve les mesures concernant l'objectif -50% pesticides en 10 ans (déjà discuté dans la note précédente). L'accent est mis également sur les molécules alternatives. J'avais oublié d'aborder ce point lors de mon énumération de solutions agronomiques afin de limiter les apports en pesticides. Il s'agit de développer des molécules comme les SDN (stimulateurs de défenses naturelles). Méthodes basées sur une très bonne connaissance de la phytopathologie et de la biochimie des végétaux, elles proposent une troisième voie alternative aux traitements pesticides ou au recours OGM. Le principe ? Stimuler, à l'aide d'une molécule naturelle active, les défenses de la plante, et ainsi "l'immuniser" contre d'éventuels pathogènes. Un des exemples les plus médiatisés : la laminarine (produit Iodus40) issue d'algues brunes et protégeant le blé comme la vigne.
Les apports en nitrates et phosphates, à l'origine d'eutrophisation des cours d'eau, ont été discutés, sans réelle mesure s'en dégageant. Il faut dire que le problème des nitrates, comme en Bretagne, est loin d'être résolu. Les nappes sont polluées pour de longues années encore, l'inertie des pouvoirs publics a condamné des points de captage, et l'Etat se retrouve contraint à payer de lourdes amendes à l'Europe. Sur ce débat, le Grenelle ne risque pas, en si peu de temps, de démêler les querelles. A moins d'un miracle !
J'arrive désormais à mi-chemin de mes commentaires autour du Grenelle de l'Environnement. D'autres propositions, s'adressant directement au monde agricole, ont été abordées par ce Groupe 4. Je souhaiterais, à cette étape de ma lecture des propositions du Grenelle, avoir l'avis d'agriculteurs internautes, aussi bien sur le Grenelle que sur mes notes. Je souhaite collecter témoignages et informations sur le sujet, afin de mieux centrer mes commentaires futurs. En espérant que mon appel sera entendu !
16:05 Publié dans Grenelle | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : grenelle, agriculture, agrocarburants, nitrates, pesticides
Environnement et Santé
Le troisième groupe de travail du Grenelle de l'Environnement présente une série de mesures et de propositions centrées sur quatre thèmes majeurs : l'eau, les substances chimiques, les ondes émises et les nanotechnologies.
Je trouve le Groupe 3 particulièrement expéditif sur la question de l'eau (et des sols). Peut-être pour ne pas trop interférer avec d'autres groupes ? Toujours est-il que les propositions dans ce domaine sont floues. Qu'entendent-ils par recharge expérimentale des nappes phréatiques par exemple ?
Très vite, les mesures s'orientent autour des substances chimiques, et notamment des pesticides. Le scandale antillais est passé par là, et la chlordécone aura tout spécialement le droit à son plan d'action (notez au passage l'effet médiatique esquissé, pour rassurer la population sur cette récente affaire). Le programme REACH sur les produits chimiques sera devancé, en espérant qu'il ne soit pas court-circuité par trop de hâte. Et surtout, la chasse aux pesticides sera déclarée, avec un objectif de -50% de produits phytosanitaires à moyen terme. Il est en effet important de réduire notre consommation en pesticides. La France est classée au 3ème rang mondial (76100 tonnes de matières actives commercialisées en 2004), les dangers pour l'environnement et les risques liés à la santé des agriculteurs comme des particuliers sont désormais démontrées. Mais la France est avant tout malade de l'excès de pesticides. Le sur-emploi rend dangereux ces produits, qui nécessitent une utilisation raisonnée. Les particuliers utilisent à eux seuls 10% de la consommation totale de pesticides. C'est bien trop pour un secteur qui peut largement s'en passer, dans la mesure où le jardinage est un loisir et non soumis à des règles de rendement. De plus, les solutions "vertes" utilisables par les particuliers abondent, montrant avec succès comment les particuliers peuvent renoncer aux produits phytosanitaires, et faire l'économie de 7610 tonnes de molécules actives. Reste à appliquer des méthodes raisonnées d'agriculture, en concertation avec un milieu agricole qui, contrairement à d'affreux a-priori, est ouvert à de réelles initiatives dans ce domaine. Que ce soit l'analyse pédologique et microbiologique en viticulture (secteur très gourmand en pesticides), le développement des "engrais verts" (cultures de légumineuses fixatrices d'azote en assolement triennal) et même des solutions OGM adaptées, des solutions existent. Reste la question de la politique agricole, parallèle aux réflexions d'agronomie scientifique. Cependant, l'objectif 50% me semble trop difficile. Il me semble plus certain d'atteindre les 30% de baisse, par exemple, afin d'obtenir plus facilement un résultat visible, et poursuivre ensuite une réduction de l'usage de phytosanitaires. Je suis également favorable à une vente réservée uniquement aux exploitants agricoles, en coopératives. Les alternatives devraient y être également proposées, avec le soutien scientifique et agronomique de personnes compétentes auprès des agriculteurs en faisant la demande.

Je conclurai très rapidement sur les deux derniers points (sans réelles mesures adoptées) : les ondes émises (téléphones portables surtout) et les nanotechnologies. Le premier mériterait des éclaircissements dans ma note, notamment au niveau des doses supportables par l'homme. N'ayant pas tous les documents sous la main, il me faudra y revenir plus tard. Le second point, concernant les nanotechnologies, nécessite une note bien spécifique. J'y reviendrai donc en temps utile, après l'analyse des propositions du Grenelle.
00:10 Publié dans Grenelle, Santé | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grenelle, santé, pesticides, cancer, environnement
29 septembre 2007
La Biodiversité : définition
Avant d'entamer les résolutions du Groupe 2 « préserver la biodiversité et les ressources naturelles » , il me semblait important de revenir sur la définition de la notion de Biodiversité.
J'ai choisi pour se faire de citer l'UICN, lors de son Assemblée Générale au Costa Rica, en 1988 :
La diversité biologique, ou biodiversité, est la variété et la variabilité de tous les organismes vivants. Ceci inclut la variabilité génétique à l’intérieur des espèces et de leurs populations, la variabilité des espèces et de leurs formes de vie, la diversité des complexes d’espèces associées et de leurs interactions, et celle des processus écologiques qu’ils influencent ou dont ils sont les acteurs (dite diversité écosystémique) . (Extrait de la XVIIIè Assemblée Générale de l’UICN, The World Conservation Union, Costa Rica, 1988.
Cette définition est importante, car elle se place sur trois niveaux :
- La population et sa variabilité au sein d'une espèce. Premier niveau fondamental, largement couvert par la micro-évolution et biologie/génétique des populations. Ce point est particulièrement délicat, car au nom du maintien de populations, de nombreux programmes de sauvegarde de la faune et de la flore ont été débattus. A première vue, même le cas de l'ours des Pyrénées pourrait être justifié par ce premier point. Sauf que dans le cas de la population pyrénéenne, le lâcher d'ours slovènes ne permet pas de sauvegarder l'intégrité du patrimoine génétique de cette population locale mais vise uniquement à maintenir la présence de l'espèce en France. Il s'agit, à mon sens, d'un angle d'attaque particulièrement fort du programme LIFE pour l'Ours brun en France.
- La variabilité des espèces et des formes de vies, second niveau, est également le mieux connu du grand public. Il s'agit des catalogues de faune et de flore, des grandes encyclopédies qui nous font rêver sur l'étonnante richesse de la nature. C'est également le domaine de la macro-évolution et des grandes théories autour de la notion d'espèce.
- Regrouper des espèces au sein d'un écosystème, troisième niveau, constitue une approche écologique fondamentale. Il s'agit là de la notion de richesse spécifique, ou diversité écosystémique. Il est important de bien comprendre qu'à ce niveau, le nombre d'espèces différentes au m² ne sera pas un critère absolu de qualité. Les interactions entre les espèces et leur milieu priment. Un écosystème pourra être viable avec une diversité floristique faible, si le milieu est en équilibre et pérennisé. Introduisez une seule espèce invasive, et l'équilibre peut être rompu. Supprimez-en une, et les conséquences peuvent être tout aussi bien désastreuses. Mais les écosystèmes ne sont pas pour autant figés. Ils évoluent eux aussi, tendent vers des archétypes ou "climax" : ainsi la lande rêve-t-elle de devenir forêt, sans jamais atteindre pour autant son but. Cette notion est importante, car la transition peut être source de forte biodiversité. Une lande ouverte mais buissonnante, couverte de bruyères et d'ajoncs, ponctuée de touches d'Agrostis et de chèvrefeuille est un véritable jardin d'Eden pour les Insectes et les Oiseaux. La laisser devenir un fourré de fougères, de ronces, d'ajoncs et de genêts signifie une réduction de sa biodiversité. Là, l'action de l'homme sur le paysage peut avoir un impact bénéfique. Autrefois, la lande était coupée pour obtenir du fourrage, ou partiellement cultivée par rotation des terres. Aujourd'hui, les gestionnaires entretiennent par débroussaillage les surfaces évoluant trop vite en denses fourrés pour conserver un état dynamique.
01:05 Publié dans Ecologie, Grenelle, Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : biodiversité, écosystèmes









