08 mai 2008
La psycho-généalogie, pseudo-science à la mode
Vous ne vous sentez pas bien ? Le moral en baisse ? Un malaise profond ? Et si votre arrière-arrière grand père n'était pas responsable de vos malheurs ? Mais bien sûr ! Car n'oublions pas que, au-delà du patrimoine génétique, la psycho-généalogie nous explique que nos ancêtres nous transmettent leurs petits et grands maux.
Cette nouvelle pseudo-science est apparue voici près de 30 ans. Se réclamant de la psychologie, les psycho-généanologistes récupèrent les techniques de la psychothérapie pour appuyer un discours pseudo-scientifique, mélangeant spiritualisme, culte des ancêtres et ésotérisme. Claude Sabbah, grand défenseur de ces "médecines nouvelles", intègre cette pseudo-thérapie à la biologie totale. Pour expliquer la psycho-généalogie, il n'hésite pas à écrire que le traumatisme non résolu s’inscrit dans le « cycle biologique cellulaire », la mémoire « cellulaire », l'« holographique » et se transmet de génération en génération !
Cette psycho-croyance ne ferait aucun mal à personne si elle ne tentait pas, à l'occasion, de remplacer la médecine scientifique, et surtout lors de traitements les plus lourds. Car soyons francs. Prendre de l'homéopathie ou chercher les maux de ses ancêtres n'a que peu de bases rationnelles mais ne fait de tord à personne. Mais substituer des traitements anti-cancéreux ou anti-SIDA (par exemple) par ces pseudo-médecines devient de l'escroquerie et de la mise en danger d'autrui. Et cette dérive, dangereuse, est bien entendue traquée et trainée auprès des tribunaux, au non du faux exercice de la médecine.
Aussi ai-je été étonné de ne pas entendre sur Europe 1, lors de l'émission consacrée à la psycho-généalogie, d'avertissements sur les pseudo-sciences et les charlatans usant de cette branche ésotérique comme domaine médical ! A peine a-t-on entendu, du bout des lèvres, qu'une psychothérapie était requise ... Et bien entendu pouvant être pratiquée par un adepte de la psycho-généalogie ...
- Pour plus d'informations sur la biologie totale et la psycho-généalogie :
http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article746
14:58 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : psycho-généalogie, pseudo-sciences, médecine
23 avril 2008
Sites nucléaires et leucémies infantiles, pas de liens ?
Ce billet va une fois de plus m'attirer les foudres des anti-nucléaires, mais qu'importe. Jusqu'à présent, je pensais que le nucléaire, bien que solution énergétique de transition, n'était pas exempt de défauts plus ou moins graves, selon que l'on se place à court, moyen et long terme. En ce qui concerne le court terme, je ne peux m'empêcher de faire remarquer en discutant du sujet que, si une part non négligeable de voix s'élèvent en faveur de la fission nucléaire, quasiment plus personne n'accepterait de vivre à moins de 50 km d'une centrale - mis à part les riverains déjà présents que je salue au passage. Et pour cause, les études allemandes faisant un lien entre hausse des leucémies infantiles et centrales nucléaires ont de quoi refroidir l'enthousiasme !23:38 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : nucléaire, leucémies
30 septembre 2007
Environnement et Santé
Le troisième groupe de travail du Grenelle de l'Environnement présente une série de mesures et de propositions centrées sur quatre thèmes majeurs : l'eau, les substances chimiques, les ondes émises et les nanotechnologies.
Je trouve le Groupe 3 particulièrement expéditif sur la question de l'eau (et des sols). Peut-être pour ne pas trop interférer avec d'autres groupes ? Toujours est-il que les propositions dans ce domaine sont floues. Qu'entendent-ils par recharge expérimentale des nappes phréatiques par exemple ?
Très vite, les mesures s'orientent autour des substances chimiques, et notamment des pesticides. Le scandale antillais est passé par là, et la chlordécone aura tout spécialement le droit à son plan d'action (notez au passage l'effet médiatique esquissé, pour rassurer la population sur cette récente affaire). Le programme REACH sur les produits chimiques sera devancé, en espérant qu'il ne soit pas court-circuité par trop de hâte. Et surtout, la chasse aux pesticides sera déclarée, avec un objectif de -50% de produits phytosanitaires à moyen terme. Il est en effet important de réduire notre consommation en pesticides. La France est classée au 3ème rang mondial (76100 tonnes de matières actives commercialisées en 2004), les dangers pour l'environnement et les risques liés à la santé des agriculteurs comme des particuliers sont désormais démontrées. Mais la France est avant tout malade de l'excès de pesticides. Le sur-emploi rend dangereux ces produits, qui nécessitent une utilisation raisonnée. Les particuliers utilisent à eux seuls 10% de la consommation totale de pesticides. C'est bien trop pour un secteur qui peut largement s'en passer, dans la mesure où le jardinage est un loisir et non soumis à des règles de rendement. De plus, les solutions "vertes" utilisables par les particuliers abondent, montrant avec succès comment les particuliers peuvent renoncer aux produits phytosanitaires, et faire l'économie de 7610 tonnes de molécules actives. Reste à appliquer des méthodes raisonnées d'agriculture, en concertation avec un milieu agricole qui, contrairement à d'affreux a-priori, est ouvert à de réelles initiatives dans ce domaine. Que ce soit l'analyse pédologique et microbiologique en viticulture (secteur très gourmand en pesticides), le développement des "engrais verts" (cultures de légumineuses fixatrices d'azote en assolement triennal) et même des solutions OGM adaptées, des solutions existent. Reste la question de la politique agricole, parallèle aux réflexions d'agronomie scientifique. Cependant, l'objectif 50% me semble trop difficile. Il me semble plus certain d'atteindre les 30% de baisse, par exemple, afin d'obtenir plus facilement un résultat visible, et poursuivre ensuite une réduction de l'usage de phytosanitaires. Je suis également favorable à une vente réservée uniquement aux exploitants agricoles, en coopératives. Les alternatives devraient y être également proposées, avec le soutien scientifique et agronomique de personnes compétentes auprès des agriculteurs en faisant la demande.

Je conclurai très rapidement sur les deux derniers points (sans réelles mesures adoptées) : les ondes émises (téléphones portables surtout) et les nanotechnologies. Le premier mériterait des éclaircissements dans ma note, notamment au niveau des doses supportables par l'homme. N'ayant pas tous les documents sous la main, il me faudra y revenir plus tard. Le second point, concernant les nanotechnologies, nécessite une note bien spécifique. J'y reviendrai donc en temps utile, après l'analyse des propositions du Grenelle.
00:10 Publié dans Grenelle, Santé | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grenelle, santé, pesticides, cancer, environnement









