03 juillet 2008

Pop-corn au téléphone portable

11071.jpgEn pleine psychose autour du téléphone portable, une vidéo montrant comment obtenir du pop-corn à partir de 4 cellulaires en action se propageait sur Internet.
 
La vidéo a de quoi faire frémir les plus
 
Un téléphone portable a une puissance optimale de 2 watts et émet une puissance Radio-Fréquence (RF) maximale de 0,25 watt par minute. Si quatre téléphones émettent en même temps leur puissance totale (4 x 0,25 watt = 1 watt), et que toute l'énergie est absorbée par les grains de maïs, l’augmentation de température serait minimale et laisserait nos apprentis cuistots sur leur faim.
 
En effet, cette hausse de la température n'atteindrait jamais en moins d'une minute les 190°c nécessaires à la réalisation du pop-corn. Et pour cause ! Dans un micro-ondes, 1000 Watts sont dépensées en 30 secondes pour obtenir cette friandise !
 
D'où vient donc ce canular ? Il s'agit en vérité d'une pub dîte "virale", car émise par une entreprise pour faire parler indirectement d'elle. Dans ce cas, l'entreprise se nomme cardosystem, et est spécialisée dans les accessoires bluetooth pour portables.
 
Mais le buzz a déjà fait son petit effet, et nul doûte que cette vidéo ressorte sur les fora et blogs à l'avenir comme preuve "irréfutable" de la nocivité des téléphones portables ! 
 
A lire également :
 
- HoaxBuster. "Pop-corn au portable". http://www.hoaxbuster.com/hoaxliste/hoax.php?idArticle=70746 
 
- Mobile Manufacturers Forum. "Du pop-corn avec des téléphones portables: il s’agit d’un canular".  http://www.mmfai.org/public/docs/fr/080616_viewpoint_popcorn_final_fr.pdf 

04 juin 2008

Transgéniques Bt et parasites d'insectes nuisibles : pas incompatible !

 Voici une nouvelle fort intéressante, concernant l'impact écologique des OGM de type Bt : des chercheurs de l'Université Cornell ont pu montrer que le Diadegma insulare, un insecte dit "parasitoïde" car venant pondre dans la chenille du papillon "diamant noir", n'est pas intoxiqué par la protéine Bt exprimée par les plantes transgéniques. Décryptage :

 D'un côté, la solution OGM. Et plus précisément les plantes produisant par génie génétique la protéine bt, cette fameuse protéine à l'origine fabriquée par une bactérie (Bacillus thuringiensis) et toxique à l'ingestion pour les insectes herbivores. Un moyen biotechnologique de lutter contre les insectes ravageurs des cultures.

De l'autre, la bioremédiation, ou lutte biologique contre les insectes ravageurs, s'appuyant sur le bon vieux schéma du parasitisme. On introduit en masse des insectes parasites (souvent des insectes pondant dans les larves ou les adultes nusibles, la nature est cruelle ...) pour réguler les populations de nuisibles.

Si l'on utilise les OGM, condamne-t-on la solution biologique ? Et pire encore, les parasitoïdes, régulateurs naturels des populations parasitées, sont-ils tout simplement menacés ? La question est cruciale, agronomiquement comme écologiquement.

C'est donc là tout l'intérêt de l'étude de l'Université de Cornell. En montrant l'absence de toxicité chez le parasitoïde, elle montre la possible cohabitation des deux techniques, et leur intérêt gagnant-gagnant. En effet, si la protéine Bt peut à la longue, comme tout traitement insecticide, induire des résistances chez ses cibles, il est indispensable d'avoir un contrôle supplémentaire. Et là où un insecticide non sélectif détruirait tout, les plantes Bt ne détruisent que les nuisibles, et non les parasitoïdes.

Un résultat qui fait échos aux autres données environnementales sur l'impact de la technologie Bt sur la biodiversité : en effet, s'il apparaît que l'impact des plantes Bt est moindre par rapport à l'agriculture conventionnelle, on sait désormais que ce cas de lutte biologique n'est pas incompatible, bien au contraire !  Un résultat à retenir, donc, et surtout à suivre avec d'autres modèles hôte-parasitoïde [1] pour plus d'informations agronomiques et biologiques !

[1] On parle plus précisément de modèle "hôte - parasite" pour les puristes ;)

Sources :  

Cornell University. "Transgenic Plants Don't Hurt Beneficial Bugs, Entomologists Find." ScienceDaily 4 June 2008. 4 June 2008 <http://www.sciencedaily.com­ /releases/2008/06/080603182545.htm>. 


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Image : la chenille et son parasitoïde ! 

26 avril 2008

Sale temps pour les sciences françaises

La période est difficile ! Alors que MMR sacrifie le président de l'AFIS, Michel Naud, sur l'autel de la désinformation scientifique en utilisant des moyens répréhensibles pour affirmer ses allégations (publication de mails privés entre tierces personnes, malhonnêteté, ...), le gouvernement récompense les imposteurs du débat OGM.
 
Nathalie Kosciusko-Morizet a ainsi déclaré dans un interview de Le Monde vouloir durcir les critères d'évaluation des OGM en Europe, qu'elle juge insuffisants. Il est certain que le refus des arguments "scientifiques" français sur le MON810 par l'EFSA ont dû l'échauder. Maisheureusement, lorsque l'UE refuse de féliciter les démarches anti-OGM, il est possible de s'auto-congratuler. Ainsi a-t-elle participé à la nomination de Gilles-Éric Séralini au rang de Chevalier de l’Ordre National du Mérite "pour l’ensemble de sa carrière en biologie ". Tout ceci valait bien un Vélot d'or !
 
Enfin, après avoir écumé la Toile avec la théorie du complôt sur le 11 septembre, ReOpen911 se met au débat anti-OGM. Cela sent bon l'anti-sciences primaire et la contestation d'ignare de bas étage ... Tout ceci se déroule en France, bien entendu, pays des Lumières et du Savoir de Voltaire, Rousseau et Montesquieu ! Patrie de Pasteur et Curie !
 
 

22 avril 2008

Cultures transgéniques RR améliorant la qualité de l'eau

1712832577.jpgEn réaction à l'article de Benjamin sur son blog, je poste un billet sur une récente publication, parue dans J Environ Qual et montrant comment les plantes RR (maïs et soja dans cette étude) peuvent améliorer la qualité des eaux :
 
Il faut savoir qu'aux USA, 90 % du soja est transgénique, et plus particulièrement de type RR. Dans une étude menée sur 4 ans, Martin Shipitalo, Lloyd Owens et Rob Malone, scientifiques spécialisés dans le sol et l'ingénieurie agricole, ont montré que l'épendage d'autres herbicides (atrazine, metribuzine, alachlor, glufosinates ...) entraînait plus de résidus détectés dans les eaux de ruissellement, et donc une perte de qualité hydrologique du bassin versant. A l'inverse, l'utilisation de soja ou maïs RR avec un traitement en glyphosate réduit l'occurance d'herbicides dans les eaux !
 
Pour en savoir plus :

15 avril 2008

Nouveau record pour le prix du baril de pétrole

Le marché asiatique a atteint un nouveau record pour le prix du baril de pétrole, grimpant jusqu'à 112,48 dollars mardi avant de se stabiliser quelques centimes plus bas. Il s'agit du baril de "light sweet crude" pour livraison en mai. Un nouveau chiffre fort qui serait lié à différents facteurs, aussi bien en raison de la consommation croissante des pays émergents que l'effritement économique du dollar, participant au renchérissement des cours.
 
La question pétrolière n'est pas nouvelle mais laisse en suspens de nombreuses interrogations encore irrésolues. Que faire pour économiser cet or noir dont nous dépendons tant ? Si les biocarburants sont désormais en partie critiqués (les agrocarburants de première génération restent une solution peu probable et la seconde génération n'est pas encore prête), d'autres ressources nécessitent d'être examinées, comme l'hydrogène et l'électricité.
 
Actuellement, je m'interroge sur la filière hydrogène. Est-elle propre et si prometteuse ? Actuellement, le stockage de l'hydrogène progresse et il est devenu possible de stocker 9 L de gaz carburant dans le volume d'une boîte d'allumettes ! Reste que la technologie hydrogène nécessitera un développement fort des nanotechnologies notamment, et les partisans écologistes accepteront-ils ce compromis ? Alors que le fleuron technologique des sciences physiques des matériaux devient au fil des mois une nouvelle cible pour certains organismes écologistes, je me demande quelles réponses énergétiques au pétrole seront réellement acceptées par ces lobbies verts, et dans quelle mesure le blocage qui pourrait survenir servirait l'intérêt du lobby pétrolier ? 
 
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05 avril 2008

L'EFSA rejette les arguments de la clause de sauvegarde sur le maïs MON810

Cette actualité restera sans aucun doûte ignorée des grands médias mais éclairera certainement l'actualité du projet de loi sur les OGM. L'EFSA, Autorité Européenne de Sécurité des Aliments, a examiné les arguments apportés par la nouvelle Haute Autorité sur les OGM Française lors de la clause de sauvegarde sur le maïs MON810. Et déception, elle n'a pas constaté de nouvelles données scientifiques exigeant une réévaluation du maïs Bt. Un coup d'épée dans l'eau, donc.
 
http://www.efsa.europa.eu/EFSA/Event_Meeting/GMO_Minutes_39th_plenmeet.pdf
(voir questions diverses, en fin de dernière page)
 
Et si les cultures OGM vont certainement être autorisés, mais encadrés par une loi (enfin un cadre légal !), ce n'est pas seulement pour se rappeler tardivement du Grenelle de l'Environnement qui prêchait la liberter de produire et consommer des OGM ou non. Mais tout simplement parce qu'il n'y a pas d'argument tangibles à même de critiquer la technologie Bt. Et le gouvernement français le sait, la pirouette de la clause de sauvegarde n'était que de la poudre aux yeux.
 
Il ne reste plus qu'à attendre du cadre légal qu'enfin un discernement objectif et raisonné soit mis en place pour chaque type d'OGM, au cas par cas, cultivar par cultivar, et non plus un amalgame doûteux colportant rumeurs et fausses sciences. 
 
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19 mars 2008

De l'art de la discussion sur le nucléaire

Pas facile de discuter du nucléaire, sujet épineux dans le débat sur les énergies ! Beurk sur son blog proposait dernièrement 2 billets résumant fort bien le sujet, tout en appuyant sur les points douloureux du nucléaire. C'est donc avec une pensée pour lui que j'écoutais France Inter voici deux semaines, alors qu'une chroniqueuse abordait le sujet, dans une émission consacrée aux mails (parfois violentes) d'auditeurs adressées aux journalistes de cette radio.

Il n'était pas question de rentrer dans le débat pro- ou anti-, mais de noter comment la simple évocation du mot nucléaire suffisait à attirer comme un aimant les messages d'insultes, toute idéologie confondue ! Ainsi la chroniqueuse résumait sa méthode d'évaluation de la qualité de ses émissions par la phrase suivante : "sur un sujet comme le nucléaire, j'estime avoir bien mené mon émission lorsque je reçois autant de messages d'insultes des deux camps" (propos d'après mémoire).

Trait d'humour pour le point mordant, renvoyant chaque camp face à ses tords ! Mais la réflexion se poursuit, et devient pour le moins intéressante. Le choix des mots est vital, dans un débat aussi sensible, et la moindre omission peut vous faire signer votre arrêt de mort. Si j'écris " le nucléaire est une énergie propre ", je ne manquerais pas de me faire vertement engueuler par les anti- , dans une écrasante majorité. Et pourtant, ma phrase n'est pas fausse, elle est incomplète. Je m'explique : si je précise " le nucléaire produit de l'énergie propre sur le plan des G.E.S. " je serai déjà plus précis et les messages seront moins virulents. Par contre, il me manquera toujours une nuance à mes propos, car je ne pourrais conclure ainsi sans rappeler que " les déchets nucléaires non recyclables constituent, eux par contre, une part non-propre de cette filière énergétique". 

Cet exemple permet de mettre en avant deux notions importantes dans le débat environnemental actuel : tout d'abord, l'idéologisation du débat est devenue un élément hélas incontournable, et de plus en plus amplifiée par certaines organisations. Il devient presque commun de trouver des discours enflammés dénués de toute raison sur n'importe quel sujet écologiste. C'est, comme je le rappelle souvent, un constat regrettable. Ensuite, il est évident que tout débat environnemental ne peut être simplifié de manière manichéenne. L'exemple du nucléaire est parlant, car il s'agit d'une comparaison entre arguments favorables et défavorables que l'on ne peut ignorer. Beurk l'a très bien illustré sur son blog et ses conclusions sont très claires.

Et pourtant, on ne peut que s'interroger sur l'avenir d'un tel débat, privé de financements en recherche fondamentale ! Car si un métier est capable de véritablement approfondir les aspects physiques, énergétiques et environnementaux du nucléaire, n'est-ce pas celui de chercheur ?

 

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01 mars 2008

Appel aux OGM

Chers lecteurs, amis bloggers, vous connaissez déjà mon goût prononcé pour l'épineuse question des OGM. Ayant vu dernièrement que les logos anti-OGM fleurissaient en plein hiver (actualité oblige), je me suis dit qu'un petit appel de soutien ne ferait pas de mal.

Bien entendu, cet appel ne doit pas être une stupide provocation, et il faut l'argumenter un petit peu. Pour commencer, je dois vous expliquer que cette idée de logo avait déjà germée lors du démarrage de mon blog. Mais je n'avais pas eu occasion de le dévoiler jusqu'ici. Ce n'est pas le nouveau gel des cultures du MON 810 qui m'a décidé. C'est tout d'abord un article de Hervé Kampf, illustré d'une photo de panneau "stop OGM" arborant un sigle nucléaire. On ne peut pas faire plus idiot comme amalgame. C'est ensuite l'absence de neutralité sur la question par plusieurs sites d'information et de vulgarisation scientifique, n'hésitant pas eux non plus à afficher un attirail anti-OGM dès la moindre annonce sur les biotechnologies, alors qu'ils se prévalent d'informer leurs lecteurs sur le "coeur de la science". Et c'est enfin la critique, parue dans Trends of Biotechnology, de l'article tant médiatisé de la contamination des écosystèmes aquatiques par le Maïs Bt (Rosi-Marshall et al., 2007). Lorsque l'on sait l'importance que le Haut Comité sur les OGM a donné aux travaux de Rosi-Marshall, cela laisse dubitatif.

 

Aussi ai-je décidé de lancer un grand appel, pour les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés), le développement de cette technique biologique, et son application dans des conditions bioéthiques et raisonnées. Et cela pour 4 raisons majeures :

 

1. Que cessent la confusion et la désinformation ! On ne peut rejeter les OGM en se basant sur une seule polémique (en ce moment le maïs Bt). Il est grand temps qu'enfin, le public soit clairement informé par de véritables acteurs scientifiques sur la transgénèse chez les organismes, ses applications et ses limites. Qu'enfin, dans la tête du citoyen, OGM ne signifie plus maïs Monsanto mais outil biotechnologique, qu'il soit conscient des progrès déjà apportés (insuline produit par les bactéries), de ses enjeux futurs (face au réchauffement climatique par exemple) et ne soit plus dupe des charlatans se désignant experts dans ce domaine.

 

2. Les biotechnologies sont un outil. Pas une finalité pour l'agriculture de demain ! Aussi est-il important de rappeler que les semences OGM doivent répondre à des besoins particuliers de concert avec d'autres techniques agricoles. Là où l'outil OGM est nécessaire, pourquoi le refuser ? Là où d'autres techniques sont plus probantes, pourquoi pas s'en passer ? De même cet outil suit des conditions d'utilisation et de co-existance déjà définies, que bon nombre d'opposants refusent d'étudier. Et pourtant, le message du Grenelle n'était-il pas d'assurer la liberter de produire, comme de consommer, de l'OGM ou du conventionnel ? Il faut que ce point soit mis en application, qu'enfin l'utilisation des OGM par le monde agricole ne soit plus un tabou. En Angleterre, les agriculteurs se disent plutôt favorables aux OGM car ils sont conscients des possibilités de l'outil (sources : Eurekalert). C'est là un point important que de réfléchir en terme d'outil, et non d'idéologie.

 

3. Il est grand temps de cesser toute idéologie dans ce débat. Pour que la position neutre permette de discerner les solutions OGM utiles des solutions dangereuses. J'entends par là qu'il faut cesser de mettre tout dans le même panier. Alors que les plantes RR (Rundup Resistant) créent de sérieux dégâts sur l'environnement, indirectement, par rajout de pesticides, pourquoi rejeter les OGM résistant aux sols trop arides, les OGM de nouvelle génération cherchant à renforcer un caractère naturel de la plante, ou encore le porte-greffe contre le court-noué ? Que vient faire l'idéologie ou la spiritualité dans ce débat technologique, comme on peut parfois le lire ?

 

4.  Il faut que la France dépose ses propres brevets, si nous ne voulons pas que les biotechnologies végétales soient le domaine exclusif de grandes sociétés comme BASF ou Monsanto. Il faut donc encourager la recherche appliquée et non pas l'interdire, comme le veut la revue L'écologiste.

 C'est pourquoi, partisan d'une utilisation raisonnée et tout scientifique de la transgénèse végétale en agronomie, je déclare soutenir ces 4 arguments ci-dessus et en réponse à la tendance actuelle plaçant l'anti-OGM politiquement correct, je clame haut et fort :

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Code à insérer : 
 
 
   <div style="text-align: center;">   
   <a href="http://ecologogo.hautetfort.com/archive/2008/02/25/humour-campagne-politique-suisse-d-ecologogo.html">   
   <img src="http://ecologogo.hautetfort.com/media/00/01/1413509479.jpg"   
     style="border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left;" name="media-878319">   
   </a></div>   

 

Nota Bene :

L'appel "OGM : j'en veux ! " se déroule dans un esprit très précis :

- Si vous voulez briser le côté idéologie-sans-débat qui gèle le discours sur les OGM depuis de nombreuses années, alors l'appel vous est ouvert !

- Si vous en avez marre de subir une désinformation pro- comme anti-OGM, welcome !

 En revanche :

- Si vous y voyez un rejet de toute autre forme d'agriculture que l'intensive / agrochimique, vous êtes passés à côté du message.

- Si vous penser y trouver également un rejet de toute considération environnementale en agriculture, dommage aussi !

 

06 janvier 2008

OGM : appel contre le moratoire

Je relaye ici la pétition lancée par 7 scientifiques en opposition à un Moratoire sur le Maïs "MON 810" en France, seul OGM actuellement cultivé en plein champ pour le commerce sur notre territoire :

http://nonaumoratoire.free.fr/ 

La cohabitation des cultures de maïs conventionnel, de maïs génétiquement modifié et de maïs produit selon le cahier des charges de l’agriculture biologique est possible. Elle est déjà une réalité dans de nombreux pays. Une décision de suspension de la culture des maïs GM, qu'elle dise son nom ou qu'elle soit dissimulée derrière des mesures réglementaires discriminatoires - et donc dissuasives - n'aurait aucune justification scientifique car elle ne s'appuierait que sur des incertitudes imaginaires voire mensongères tant sur le plan environnemental qu'alimentaire. Une telle décision serait en contradiction avec le principe de précaution.

Sont à l'initiative de cette déclaration :

  • Michel Naud, président de l'Association française pour l'information scientifique (AFIS)
  • Jean-Paul Krivine, rédacteur en chef de Science et pseudo-sciences
  • Louis-Marie Houdebine, directeur de recherche, INRA
  • Marcel Kuntz, directeur de recherche, CNRS
  • Yvette Dattée, directeur de recherche, INRA
  • Philippe Joudrier, directeur de recherche, INRA
  • Marc Fellous, professeur des universités, Université Paris VII

 

03 janvier 2008

Cyclones et changements climatiques

Tout le monde a encore à l’esprit les terribles ouragans de 2005 et 2007, les images apocalyptiques de la Nouvelle-Orléans au lendemain du passage de Katrina, ou encore la fulgurante montée en puissance de Félix cette année. Face à la montée en puissance de ces fléaux météorologiques que sont les cyclones, de nombreux scientifiques ont pointé du doigt les effets du réchauffement climatique. A tord ou à raison ? La réalité est peut-être bien une réponse de normand ! …


Les cyclones sont de terribles tempêtes naissant au-dessus des eaux tropicales et sub-tropicales. Elles apparaissent en été, lorsque l’irradiance solaire absorbée par la surface de l’océan est restituée sous forme de chaleur et de vapeur d’eau. Des cumulus s’accumulent alors, formant des orages, et pouvant engendrer un mouvement de convection à l’origine du cyclone.

Depuis quelques temps, le nombre et la puissance des cyclones de l’Atlantique Nord (nous nous limiterons à cet exemple) semble augmenter de manière inquiétante. Une situation mise en relation avec le réchauffement climatique, qui en augmentant la température à la surface des eaux, favoriserait l’apparition de cyclones.

Le nombre de cyclones augmente-t-il sensiblement ? Actuellement, les archives météorologiques les plus fiables sur ce sujet remontent jusqu’à 1970, date de la mise en service du suivi satellite des cyclones. Lorsque l’on regarde l’évolution du nombre de cyclones sur la période 1981-2007 (figure 1), on obtient un histogramme peu convainquant. En effet, le nombre d’événements cycloniques, dépressions et tempêtes tropicales incluses, semble légèrement augmenter au fil des décennies, mais plusieurs années viennent contrarier cette tendance, notamment 1982-1983, 1986, 1992-1994, 1997-1998, 2002, 2004 et 2006.

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Comment expliquer ces baisses parfois brutales dans notre histogramme ? Il faut ajouter à notre raisonnement un autre événement météorologique : le phénomène ENSO, ou El Niño Southern Oscillation. Schématiquement, El Niño c’est quoi ? Il s’agit d’une phase anormalement chaude des eaux de surface du Pacifique Ouest, entraînant un déplacement de ces eaux très chaudes (plus de 28°C) vers le centre du bassin, une diminution de la pression atmosphérique à la surface de la mer en Pacifique Est et un cisaillement des vents, diminuant les vents alizés (voire les renversant). L’inverse se produit lors d’un événement La Niña. El Niño agit sur tout le climat tropical de la planète. Il va contrarier les saisons cycloniques en Atlantique, en raison des effets de cisaillement du vent.

Conséquence, pour chaque événement El Niño, il devrait y avoir réduction du nombre de cyclones dans l’année. Et c’est le cas. 82-83 a été l’événement El Niño le plus intense du siècle, 86, 92-94 et 97-98 sont aussi des événements El Niño, et enfin 2002, 2004 et 2006 sont des événements de faible amplitude.

Nous avons donc montré comment un phénomène météorologique connu interagit sur le nombre de cyclones en Atlantique Nord. Qu’en est-il maintenant de l’intensité de ces cyclones ? Lorsque l’on regarde la figure 2, qui distingue par un code couleur les catégories de cyclones lors des 13 dernières saisons, il apparaît que depuis 2003, les cyclones de catégorie 5 sont beaucoup plus réguliers. La saison 2006 a été moindre, en raison de l’événement El Niño, mais elle reste flanquée de deux saisons alarmantes, dont le record de 2005.

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De plus, les relevés de température à la surface de l’océan montrent une hausse depuis une dizaine d’année. Augmentation avérée, et dont la cause serait le réchauffement climatique. L’intensité des cyclones étant liée au réchauffement des eaux de surface, ne voici pas là un élément inquiétant du dossier ?

Reste cependant à savoir comment l’événement El Niño se conduit face au réchauffement climatique. La question fait actuellement débat. Les événements 2002, 2004 et 2006, de faible importance, pourraient traduire, de part leur succession inhabituelle, des changements des conditions moyennes dans le Pacifique tropical (sources : IRD). Or, ces changements sont-ils le résultat d’une évolution naturelle aux échelles de temps décennales, ou bien traduisent-ils une réponse au réchauffement climatique ? Et si El Niño est affecté par le réchauffement climatique, quelle sera sa réponse ? Assisterons-nous à une amplification ou à une réduction de l’intensité des événements ?

Les prochaines saisons cycloniques nous permettront d’en apprendre plus sur l’évolution du climat en Atlantique Nord. Si le réchauffement des eaux de surface augmente l’intensité des cyclones, qu’en sera-t-il de leur nombre ? Aurons-nous des cycles plus courts d’ El Niño, de plus faible amplitude, et donc une plus forte alternance de saisons cycloniques fortes (tempêtes et ouragans nombreux et intenses) puis un peu plus faibles (petit nombre d’ouragans à force variable) - tendance 2002-2007, ou bien un tout autre scénario se dégagera-t-il ?
 
Bibliographie consultée : Pour La Science, Août 2007 ; Sites Internet : IRD, IFREMER. Sources des données : Wikipedia (english version).

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