07 juin 2008

Un e-mail bien trop public

Samedi 6 Juin 2008. Toujours aucune nouvelle de Maître Bourdon au sujet de mon mail adressé à sa personne et que sa cliente, Marie-Monique Robin, avait cru bon de diffuser sur son blog - sans mon accord.

C'est donc un beau silence radio, qui me laisse songeur, mais pas désabusé, loin de là. A vrai dire, je ne m'attendais pas à une réponse de la part de l'avocat ni de l'intéressée. Si ces derniers sont très prompts à faire valoir leurs droits, ils ne semblent pas s'intéresser aux miens, simple petit bloggueur (donc quantité négligeable).

Quelques expériences amusantes en faisant valoir mes droits sur d'autres blogs. Ceux-là même qui applaudissaient la démarche de Maître Bourdon n'ont pas manqué de s'indigner de mes propres rappels à la loi. Ce qui marche pour défendre un camp n'est pas forcément efficace pour l'autre camp. Et dans ce débat subjectif sur les OGM, il semble que la loi ne soit estimée des anti-OGM que si elle les sert à bon escient.

Ainsi l'a-t-on vu cette semaine, les tribunaux ayant acquité des faucheurs, au mépris semble-t-il des mesures prises par le gouvernement au sujet du "délit de fauchage", ont été applaudis par les anti-OGM, ces même tribunaux qu'ils maudissaient lorsque leurs compagnons étaient condamnés.

C'est donc sur ce constat pour le moins misanthrope que je referme ce vaste dossier, et remercie une fois de plus MMR de ce formidable élan accordé à mon blog (de manière bien involontaire j'imagine !). Malgré la situation catastrophique des biotechnologies agricoles françaises, malgré une Commission européenne amorçant un tournant défavorable pour les OGM (depuis l'affaire Dimas), je continue à soutenir, coûte que coûte, ce formidable progrès technologique que sont les OGM, et ne manquerai pas de préciser aux rapporteurs de l'affaire MMR la différence entre correspondance publique et privée !

26 avril 2008

Sale temps pour les sciences françaises

La période est difficile ! Alors que MMR sacrifie le président de l'AFIS, Michel Naud, sur l'autel de la désinformation scientifique en utilisant des moyens répréhensibles pour affirmer ses allégations (publication de mails privés entre tierces personnes, malhonnêteté, ...), le gouvernement récompense les imposteurs du débat OGM.
 
Nathalie Kosciusko-Morizet a ainsi déclaré dans un interview de Le Monde vouloir durcir les critères d'évaluation des OGM en Europe, qu'elle juge insuffisants. Il est certain que le refus des arguments "scientifiques" français sur le MON810 par l'EFSA ont dû l'échauder. Maisheureusement, lorsque l'UE refuse de féliciter les démarches anti-OGM, il est possible de s'auto-congratuler. Ainsi a-t-elle participé à la nomination de Gilles-Éric Séralini au rang de Chevalier de l’Ordre National du Mérite "pour l’ensemble de sa carrière en biologie ". Tout ceci valait bien un Vélot d'or !
 
Enfin, après avoir écumé la Toile avec la théorie du complôt sur le 11 septembre, ReOpen911 se met au débat anti-OGM. Cela sent bon l'anti-sciences primaire et la contestation d'ignare de bas étage ... Tout ceci se déroule en France, bien entendu, pays des Lumières et du Savoir de Voltaire, Rousseau et Montesquieu ! Patrie de Pasteur et Curie !
 
 

26 décembre 2007

Et si on allait chez le marchant de journaux ?

8cc1403e255af4d0c669cc76a47743bb.jpgComme la plupart des gens, je vais fréquemment chez mon marchant de journaux (oui c’est pas bien, le papier, l’encre, tout ça … Oh et puis non, j’avais juste envie de la faire cette remarque à deux francs ;-) ). Pour faire mon choix, j'ai une méthode tout à fait personnelle, un peu dilettante ... Mais avant cela passons en revue les principaux journaux :

Science et Vie est la seule exception à la règle. Je ne l’achète plus depuis quelques années en raison du côté « sensationnel » de ses articles. Parfois, je m’imagine que le lecteur de S&V vit un peu dans un monde formidable où sont régulièrement totalement remis en cause le Big Bang, la Génétique, la Relativité, le tout saupoudré d’annonces catastrophiques sur le Global Warming et la prochaine destruction totale de la planète. De quoi hurler « By Jove ! » rien qu’en lisant la couverture du magazine chez son marchand de journaux. Peut-être que le fait de bosser dans les sciences fait que je suis plus sensible aux boulettes des journalistes de S&V. Peut-être aussi que les abus d’une sorte de « science marketing » me saoûlent. Au moins peut-on dire qu’ils appliquent à la lettre la fameuse phrase du physicien Feyman : « Physics is like sex: sure, it may give some practical results, but that's not why we do it ». Si la science peut faire « bander », ça serait donc vendeur !

 

J’ai un faible pour le concurrent Science et Avenir, il est vrai, qui arrive à faire des articles pas trop complexes à suivre tout en restant encore assez objectif. Il y a tout de même un effort de vulgarisation plus intéressant que S&V. Je n’ai pas été déçu par la formule actuelle, et des vieux numéros que j’ai pu consulter, j’ai le sentiment que l’état d’esprit est resté le même. Un bon point, mais n’oublions pas que S&A n’est pas un magazine très approfondi par contre, ce n’est pas son but, il faut aussi (et toujours) se diriger sur d’autres lectures complémentaires.

A commencer par La Recherche, un magazine qui a l’avantage de faire un cahier « actualités » agréable à lire, découpé en domaines scientifiques et donnant souvent envie d’en savoir plus. Son équivalent serait pour moi Pour La Science, l’édition française de l’American Scientist. Les dossiers thématiques sont plus pointus, c’est vrai. Mais on peut y trouver des points de vue complets, rédigés par des auteurs scientifiques, sans être pour autant consensuels avec les effets de mode du moment. L’article niant l’effet majeur du RC sur la fonte des neiges du Kilimandjaro, paru en décembre, en est un bon exemple.

Mon conseil serait donc le suivant : ne vous contentez pas d’un magazine papier. Allez chez le marchant de journaux, consultez rapidement S&A, La Recherche, PLS. Laissez vos yeux se balader sur les pages de papier glacé, et quand plusieurs sujets accrochent votre attention, laissez votre intuition guider votre achat. C’est bien plus agréable que de prêcher pour une revue en particulier, et vous permettra de passer régulièrement d’une ligne éditoriale à l’autre !

Bien sûr, le lecteur souhaitant explorer un domaine scientifique particulier recherchera des revues spécialisées, comme Biofutur, magazine typiquement réservé à un lectorat initié. Certains, ne souhaitant pas attendre le mois prochain dans l’espoir que leur centre d’intérêt soit couvert par la presse papier, chercheront des compléments d’information sur Internet. Problème, le Net contient le pire comme le meilleur. Trier les différents sites existants prendrait un temps considérable, plusieurs billets même. Pour ma part j’utilise mes liens en bas à gauche du blog. Les lecteurs réguliers de mon blog savent déjà que j’en consulte certains plus que d’autres ;) . Certains ont des flux RSS, très pratique. Grâce à un navigateur comme FireFox, il est alors possible de se faire des onglets dynamiques, et sa propre tribune presse sur son écran d’ordinateur. On n'arrête pas le progrès !