01 mars 2008

Appel aux OGM

Chers lecteurs, amis bloggers, vous connaissez déjà mon goût prononcé pour l'épineuse question des OGM. Ayant vu dernièrement que les logos anti-OGM fleurissaient en plein hiver (actualité oblige), je me suis dit qu'un petit appel de soutien ne ferait pas de mal.

Bien entendu, cet appel ne doit pas être une stupide provocation, et il faut l'argumenter un petit peu. Pour commencer, je dois vous expliquer que cette idée de logo avait déjà germée lors du démarrage de mon blog. Mais je n'avais pas eu occasion de le dévoiler jusqu'ici. Ce n'est pas le nouveau gel des cultures du MON 810 qui m'a décidé. C'est tout d'abord un article de Hervé Kampf, illustré d'une photo de panneau "stop OGM" arborant un sigle nucléaire. On ne peut pas faire plus idiot comme amalgame. C'est ensuite l'absence de neutralité sur la question par plusieurs sites d'information et de vulgarisation scientifique, n'hésitant pas eux non plus à afficher un attirail anti-OGM dès la moindre annonce sur les biotechnologies, alors qu'ils se prévalent d'informer leurs lecteurs sur le "coeur de la science". Et c'est enfin la critique, parue dans Trends of Biotechnology, de l'article tant médiatisé de la contamination des écosystèmes aquatiques par le Maïs Bt (Rosi-Marshall et al., 2007). Lorsque l'on sait l'importance que le Haut Comité sur les OGM a donné aux travaux de Rosi-Marshall, cela laisse dubitatif.

 

Aussi ai-je décidé de lancer un grand appel, pour les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés), le développement de cette technique biologique, et son application dans des conditions bioéthiques et raisonnées. Et cela pour 4 raisons majeures :

 

1. Que cessent la confusion et la désinformation ! On ne peut rejeter les OGM en se basant sur une seule polémique (en ce moment le maïs Bt). Il est grand temps qu'enfin, le public soit clairement informé par de véritables acteurs scientifiques sur la transgénèse chez les organismes, ses applications et ses limites. Qu'enfin, dans la tête du citoyen, OGM ne signifie plus maïs Monsanto mais outil biotechnologique, qu'il soit conscient des progrès déjà apportés (insuline produit par les bactéries), de ses enjeux futurs (face au réchauffement climatique par exemple) et ne soit plus dupe des charlatans se désignant experts dans ce domaine.

 

2. Les biotechnologies sont un outil. Pas une finalité pour l'agriculture de demain ! Aussi est-il important de rappeler que les semences OGM doivent répondre à des besoins particuliers de concert avec d'autres techniques agricoles. Là où l'outil OGM est nécessaire, pourquoi le refuser ? Là où d'autres techniques sont plus probantes, pourquoi pas s'en passer ? De même cet outil suit des conditions d'utilisation et de co-existance déjà définies, que bon nombre d'opposants refusent d'étudier. Et pourtant, le message du Grenelle n'était-il pas d'assurer la liberter de produire, comme de consommer, de l'OGM ou du conventionnel ? Il faut que ce point soit mis en application, qu'enfin l'utilisation des OGM par le monde agricole ne soit plus un tabou. En Angleterre, les agriculteurs se disent plutôt favorables aux OGM car ils sont conscients des possibilités de l'outil (sources : Eurekalert). C'est là un point important que de réfléchir en terme d'outil, et non d'idéologie.

 

3. Il est grand temps de cesser toute idéologie dans ce débat. Pour que la position neutre permette de discerner les solutions OGM utiles des solutions dangereuses. J'entends par là qu'il faut cesser de mettre tout dans le même panier. Alors que les plantes RR (Rundup Resistant) créent de sérieux dégâts sur l'environnement, indirectement, par rajout de pesticides, pourquoi rejeter les OGM résistant aux sols trop arides, les OGM de nouvelle génération cherchant à renforcer un caractère naturel de la plante, ou encore le porte-greffe contre le court-noué ? Que vient faire l'idéologie ou la spiritualité dans ce débat technologique, comme on peut parfois le lire ?

 

4.  Il faut que la France dépose ses propres brevets, si nous ne voulons pas que les biotechnologies végétales soient le domaine exclusif de grandes sociétés comme BASF ou Monsanto. Il faut donc encourager la recherche appliquée et non pas l'interdire, comme le veut la revue L'écologiste.

 C'est pourquoi, partisan d'une utilisation raisonnée et tout scientifique de la transgénèse végétale en agronomie, je déclare soutenir ces 4 arguments ci-dessus et en réponse à la tendance actuelle plaçant l'anti-OGM politiquement correct, je clame haut et fort :

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   <div style="text-align: center;">   
   <a href="http://ecologogo.hautetfort.com/archive/2008/02/25/humour-campagne-politique-suisse-d-ecologogo.html">   
   <img src="http://ecologogo.hautetfort.com/media/00/01/1413509479.jpg"   
     style="border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left;" name="media-878319">   
   </a></div>   

 

Nota Bene :

L'appel "OGM : j'en veux ! " se déroule dans un esprit très précis :

- Si vous voulez briser le côté idéologie-sans-débat qui gèle le discours sur les OGM depuis de nombreuses années, alors l'appel vous est ouvert !

- Si vous en avez marre de subir une désinformation pro- comme anti-OGM, welcome !

 En revanche :

- Si vous y voyez un rejet de toute autre forme d'agriculture que l'intensive / agrochimique, vous êtes passés à côté du message.

- Si vous penser y trouver également un rejet de toute considération environnementale en agriculture, dommage aussi !